le concept de la potiche

En apparence, je vais bien.sourire-faux

Pour mes proches, collègues, amis,je suis incroyablement forte et confiante. Car je sors quand même de 3 ans et demi de pma les bras vides, après 4 fausses couches.

Je souris, voir je blague, j’ai l’air de prendre tout avec légèreté.

Je suis en mode potiche. Je souris.

Mais bêtement.

 

 

 

En fait, à l’intérieur, je suis totalement aux prises avec un tsunami sans fin. Je lutte chaque jour pour me lever. Dès le réveil, je pense à tout ce qui ne va pas, à mes failles, à ce qui m’attend. Chaque jour est devenu une épreuve. Je donne le change mais, au fond de moi, je crie de chagrin, de mal-être. On est loin de ma positive attitude de décembre. Je redoutais que ça ne dure pas. Et ça n’a pas duré.

Objectivement je sais que j’ai la chance d’avoir mon fils, mais j’ai perdu tant de choses que le bilan penche inévitablement vers le négatif. J’ai fait tout ça  pour rien.

Comment décrire ce que la pma m’a fait? Aujourd’hui je dirai que la Pma m’a brisée. Je me sens nulle, sans avenir.Je n’assume pas ma stérilité. Car c’est bien le mot qu’il convient d’employer désormais.

La stérilité me renvoie à mon âge que je n’assume plus du tout.

Je me vois/sens vieille, sans attrait. Moi qui ais pu être beaucoup dans la séduction, je suis l’ombre de moi-même. Aujourd’hui je ne me trouve aucun charme. Je suis un fantôme.

Je n’ai pas réussi à reprendre le sport et je suis coincée tant que je n’ai pas fini ma réeducation périnéale. Vous savez celle que j’ai déjà dû faire 4, 5,6 fois , je ne sais plus. Merci les doses massives d’hormones, les grossesses foirées… Mon corps est tout abîmé et je n’en finis plus de le réparer. Les maux de tête ne m’ont pas quittée depuis ma dernière tentative, je vis avec cette douleur au quotidien.

Autant dire qu’avec un tableau pareil, sexuellement c’est pathétique et ça contribue à me dévaloriser. J’ai toujours considéré que la sexualité était essentielle dans un couple. Et j’assumais plutôt bien mon corps et mes envies.Mais avec nos 3 années  et demi intensives de pma et toutes les catastrophes vécues, on peine à retrouver notre complicité sexuelle.

Ma confiance en moi, en l’avenir s’est envolée. Je suis pétrie d’angoisses du matin au soir.Je fais du sur place, je n’arrive plus à me projeter, à avancer. Je subis le présent et j’angoisse pour demain.

Mes rêves aussi se sont fait la malle. J’ai abandonné tant de projets pour cette fichue pma. Et je n’ai plus l’énergie aujourd’hui, ni le courage.Trop peur de me ramasser encore.

 

J’ai perdu mon assurance professionnelle, j’ai perdu des amis. Je fais l’amer constat que je me sens très seule et isolée. Plus personne à qui confier mes états d’âme. C’est fini, pour tout le monde, je dois parler d’autre-chose.

Je ne sais plus par quel bout prendre le problème tant le chantier me semble immense.

Je sais bien que vous ne pourrez pas m’aider, c’est un combat contre moi-même. Mais, au moins, j’écris pour tenter de me soulager, un peu.

A quand des jours meilleurs, du plaisir, du bonheur?

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31 réflexions sur “le concept de la potiche

  1. J’aimerais pouvoir t’aider, j’espère qu’écrire ici te fait au moins un peu de bien.
    Ce que tu traverses est on ne peut plus normal. Le processus de deuil est long, avec pas mal d’étapes à traverser – parfois on a l’impression de sombrer plus bas, mais ce n’est pas nécessairement le cas, et surtout viendra un jour où ça ira mieux, je t’assure. Juste ne pas s’auto-flageller et s’autoriser à aller mal, même si vis à vis des autres tu préfères le cacher (parce que c’est aussi une façon de se protéger, vu que nombreux sont ceux qui te diront qu’il faut passer à autre chose, alors que tu as besoin de passer par ce deuil pour avancer).
    Je comprends l’impression de gâchis et d’avoir fait tout ça pour rien. Et en même temps je ne suis pas d’accord sur le fait que c’était « pour rien ». Si tu n’étais pas passée par là, tu t’en voudrais peut-être toute ta vie de ne pas avoir tout tenté. Je sais bien, c’est une bien maigre consolation.
    Essaie de t’accorder des petits plaisirs, de penser à toi, et de passer aussi des petits moments privilégiés avec ton fils, d’autres avec ton compagnon, par-ci, par-là, pour avoir des petites bulles qui ressourcent petit à petit.
    Je t’envoie tout mon soutien. Il y aura du mieux, je te le promets.
    Bisous ❤

    • Ne pas s’auto flageller…dur, dur… tellement je me sens responsable. Moi, mon âge, et cet utérus qui dégomme toute vie qui a essayé de s’y installer. Mon homme ne voulait pas de pma. Je lui ai infligé la pire des peines. 3 ans et demi de galères, à me voir souffrir, à espérer, à imaginer son enfant, pour rien. Je m’en veux tellement.
      Je n’ai pas eu la chance comme toi d’y arriver. Moi, mon gynéco ne m’a même pas appelée. Voilà, je suis juste un dossier oublié,un de ceux qui est du mauvais côté des statistiques.
      Ma réalité, c’est une douleur au quotidien, c’est mon envie de cet enfant que je dois ravaler. Comment puis je me trouver forte et être fière ? Non, je suis celle qui n’arrive plus à avoir d’enfant.
      Avoir tout tenté ne me console pas du tout. Car des regrets j’en ai quand même. On a trop attendu, il aurait dû arrêter de fumer, j’aurais dû laisser faire la nature, j’en passe et des meilleurs…
      Mais je sais que je suis la seule à pouvoir me sortir de tout ça. Que, comme tu le dis, il faut que je retrouve des petites bulles. Un jour, peut être.
      Merci pour tes mots. Bises

  2. Ils ne sont peut être pas si lointains ces beaux jours que tu attends.
    Je ne compare pas nos situations car je n’en suis pas au même stade du parcours que toi. Mais certaines phrases que je viens de lire, j’aurais pu les écrire. En décembre après la fin de FIV1 = FC n°2.
    « Inside my heart is breaking
    My make-up may be flaking
    But my smile still stays on »

    Je ne prétends pas détenir une *solution miracle* mais pour me redonner du baume au coeur, j’ai cassé ma tirelire : je suis allée chez le coiffeur (je voulais passer de châtain à blonde! – bon en fait j’ai juste des mèches pour le moment ^^) et surtout je suis allée me faire poser des extensions de cils chez l’esthéticienne et là BINGO *_* depuis 1 semaine je me sens comme une princesse, mieux, je reprends soin de moi, je me forçais à être coquette les 1ers jours et maintenant j’ai repris l’habitude. J’ai même pu reprendre la couture ce week-end (mon hooby favori, mais ces derniers mois j’étais bien trop angoissée pour pouvoir m’y remettre)

    Tout ça pour te conseiller (si je peux me le permettre) la chose suivante : fait une petite folie qui te fera du bien, quelque chose de futile probablement, mais qui te fasse te sentir bien si tu arrives à trouver. Un petit boost d’amour propre pourrait être le déclic pour le reste.

    Et pour revenir aux choses sérieuses : tu n’as pas fait tout ça pour rien.
    Tu as fait tout cela pour être certaine d’avoir tout tenté, ne pas avoir de regret ; et ça, c’est important.

    Ce n’est pas parce que c’est terminé que tu ne dois plus en parler.
    Au contraire il faut que tu digère la situation, que tu fasses le deuil de cette grossesse pour laquelle tu t’es tant battue.
    Tu as aussi les copines de galère, nous toutes ici, à qui tu peux parler. On ne te connait pas, mais on te comprend, on comprend ce que tu vis (au moins partiellement).

    Bon courage, tu sais où me trouver si tu veux parler (il y a mon mail quand je laisse un commentaire je crois), je ne suis pas la mieux placée, on ne se connait que par l’intermédiaire de nos blogs, et assez peu, mais je suis prête à t’écouter si tu en as envie.

    • Merci d’être venue poster ici et de tenter de m’aider.La plupart de celles qui me suivaient il y a 3 ans ont lâché l’affaire. Car, pour la majorité, elles sont devenues mamans (et heureusement) quand moi j’ai cumulé les merdes jour après jour.Sincèrement, je te souhaite de vite sortir de pma et que cela marche pour toi. Je crois que mon histoire plus grand monde n’a envie de la lire, car c’est la loose totale et le cauchemar de toute infertile. Je me souviens quand je lisais des parcours terribles il y a presque 4 ans, je frémissais et me disais que je m’en sortirai mieux car j’avais déjà porté la vie.
      Je maintiens, j’ai fait tout ça pour rien et c’est bien une des choses qui est compliqué à assumer. J’ai torturé mon corps, ai mis ma santé physique et psychique en jeu. Tout cela a des répercussions sur mon homme, et mon fils. Et sur mon entourage plus large car j’ai mis bien du monde à distance.Je n’ai rien gagné et tout perdu.Mais je savais à l’avance que c’était un des risques.Mais c’est un réalité que les pmettes doivent voir aussi. Oui on peut faire tout ça, s’y perdre et sortir par la petite porte. Oui la pma broie, piétine.
      Je devrai me faire plaisir oui, mais je ne sais même plus quoi faire. Ma vie est un immense chantier et je n’ai pas encore trouvé par où commencer… Bonne chance à toi.

  3. coucou mamzelle, c’est bien que tu puisses écrire, décrire ce que tu ressens.. pas facile tout ça, prendre du recul sur la situation. L’hiver qui traine… je pense, n’aide pas notre moral ; j’espère que des jours meilleurs vont venir. Pensées pour l’avenir. Bises

    • toi aussi tu en baves bien. J’espère que ça finira mieux pour toi.Vraiment. L’hiver me fait du mal, j’ai envie de rester sous la couette, je guette le soleil qui me réveillerait un peu…Demain est un autre jour…

        • Bonjour, personne ne t’oblige à lire mon blog. Je ne te permets pas de me juger.
          Ici (dans la communauté pma j’entends) on évoque ses difficultés et surtout on s’entraide. Je suis bien triste pour toi si ton occupation de femme au foyer est de déverser ta bile sur les autres quand nous, nous nous soutenons, nous nous écoutons, nous nous entraidons. Une vraie solidarité de femme. Preuve en est, en 3 ans d’existence de mon blog, tu es la seule personne à avoir mis un com désobligeant et inutile.
          Je ne sais pas bien quel intérêt tu y trouves. Combler ton ennui ?
          Je te serai grée à l’avenir de t’abstenir d’écrire ici, car ton mépris ne m’atteint pas et ne sert à rien. A bon entendeur.

  4. C’est un bien difficile moment que tu traverses mamzelle. Mais qui n’est pas surprenant vu le deuil, le constat de ces années que tu dois faire. Je rejoins ce qui a été écrit plus haut, tu n’as pas subi toutes ces épreuves pour rien. Oui elles t’ont fragilisées, tu dois te reconstruire mais tu es allée au bout de vos possibilités, tu as supporté tant d’épreuves et tu t’es relevée à chaque fois.
    Et tu réussiras à te relever de cette nouvelle épreuve. Parce que le temps fait son oeuvre, parce que nous avons la capacité de rebondir. D’ici là, comme les autres, je t’encourage à te faire plaisir parce que tu le mérites, parce que tu en as besoin.
    Plein de courage en ce moment si difficile et je te souhaite que des jours meilleurs se profilent rapidement.
    Bisous de soutien.

    • Je ne mérite rien du tout. J’ai tout foiré, j’ai entraîné mes deux hommes dans ce merdier. J’aurai dû me faire une raison, accepter que j’avais atteint l’âge fatidique pour avoir un autre enfant.Le bilan est pourri, des fois j’ai l’impression que c’est un mauvais rêve. 3 ans et demi, envolés. Mais comment ai-je pu m’entêter autant?
      Je me relèverai sûrement, encore une fois. Mais je ne serai plus jamais la même, c’est certain.
      Je croise pour que les choses avancent pour toi. De gros bisous.

  5. J’ai l’impression de lire mon propre esprit dans tes mots…. c’est troublant.

    Ton parcours, tes fc, ton garçon. Ces 3 ans et demi. Je ne te connais que par ceux la et ils sont si puissants….

    Je suis bien triste pour toi, pour ces journées ou tu te lèves sans goût, pour ce sourire posé sur une bombe à retardement. J’aimerai aller boire un verre avec toi et t’écouter. Danser et envoyer tout ca valser. J’aimerai surtout bien sûr avoir une baguette magique et qu’un miracle arrive. Que l’année prochaine tout soit différent. Que ces années de galère sans nom s’éloignent d’un coup….

    Cette façon dont les gens sont impressionnés par  » tant de force et de courage dans les épreuves alors qu’au fond t’en chie encore et que tu sais même plus toi même ce que tu ressens. » …
    Le « concept de la postiche  » c’est aussi ca.
    Etre prise pour plus forte que l’on est et se retrouver coincé sans épaule pour pleurer et pour avouer tout ce désespoir.

    La plupart du temps on minimise nous Meme nos faiblesses. En pensant  » mathématique » en raisonnant. Mais il n’y a rien de raisonnable à vouloir faire un bébé. La raison n’est pas la. C’est le cœur, les tripes, l’ADN elle meme.

    Tu a le droit de craquer et d’envoyer tout valser pour pleurer toute cette cruauté.
    Ce temps perdu comme tu dis.
    Perdu car il n’a pas donné de bébé surtout. Mais pas perdu complètement car tu as tout essayé. Tout donné. Trop peut être mais pas sur. Car ça aurait pu marché et on ne pouvait pas ne pas tout tenter quand on a un grand désir de maternité.

    Aujourd’hui tu crois plus en rien, ton cœur saigne de toute cette absence et de toute l’énergie que tu as donné par amour pour la possibilité d’un bébé, et tu es fatiguée.
    Ta dernière fc n’est vraiment pas loin… il faut du temps… et ses répercussions ne sont pas des moindres..
    Tu t’es blindé un maximum mais c’est tellement lourd.

    Tu as besoin d’une très grosse pause, d’un nuage, d’un bain, d’un massage, d’un vêtement doux, d’être belle, de temps pour toi, d’un bon film, d’un orgasme aussi ( bah tient!)( en solo s’il le faut!!😜) , d’un wagon de compliment, d’amour, de câlins, d’une chanson, de repos bien sûr et de toutes les bonnes choses qui feront revoir la vie en rose. Car si tu dis tout ca c’est que tu es quelqu’un qui croit, qui fonce et qui a besoin d’ une bonne pause aujourd’hui car les batteries sont vides.

    Alors j’espère que la vie positive va progressivement reprendre le dessus, et que ces jours meilleurs ne sont pas loin.
    Peut être que la grosse voix de ton Cheri saura te guider dans ces ténèbres. Je l’espère de tout cœur.

    J’espère ne pas être trop maladroite en me rapprochant sentimentalement de tes maux. Il y a mon cœur qui traine un peu partout entre les lettres et
    tu as toute mon affection. Bien sincèrement,
    A

    • Bien sûr que non tu n’as pas été maladroite. Comment dire ? Tu as su écrire bien mieux que moi ce qui me traverse. Et pour cause, tes trois dernières années ont été violentes pour toi aussi.
      Coincée je le suis, effectivement. Entre la façade que j’ai créée qui correspond bien à ce qu’on attend de moi, et ma réalité, ce vide immense, ce sentiment d’être inutile, usée, bonne à jeter. J’ai d’ailleurs utilisé le mot « potiche » pour ça, parce que je me sens creuse, posée là à sourire connement, à jouer la fausse gaieté. Et toi tu as écrit « postiche », qui renvoie à ce qui est trompeur. Une lettre de plus et la réalité éclate.
      Aujourd’hui, ce qui me revient inlassablement c’est « j’ai perdu ». J’ai perdu mon combat, j’ai perdu 3ans et demi de ma vie, j’ai perdu mon sourire, j’ai perdu mon estime de moi…
      J’ai voulu croire que j’allais sortir par la petite porte la tête haute. Mais non. On ne peut pas vivre tant de désespoirs, se voir affligée de l’étiquette stérile (j’ail la sensation que c’est écrit sur mon front) et faire comme si rien ne c’était passé.
      Mais tu as raison. Ce sont de petites choses qui me ramèneront à la vie, doucement.Je m’accroche.
      Du fond du coeur, merci pour tes mots. Je te souhaite de ne jamais passer par les fiv, de tomber à nouveau enceinte et que tout se passe bien. Des bises.

  6. Mamzelle, c’est difficile ce que tu vis et ta dernière FC est très récente. Ne sois pas trop dure avec toi même et c’est normal cette fatigue tristesse. J’ai aussi vécu l’entourage qui oubli, passe à autre chose et moi bloquée sur mon désespoir, pleurer au lit alors que mon compagnon dormait à poings fermés. Et l’agacement des gens qui te répondent que ‘il faut voir le verre à moitié plein, y a pire dans la vie’ et autre banalités du genre. Peut-être oui, mais tu as le droit de pleurer, d’être triste. Ce que tu as vécu est dur moralement physiquement, alors si tu n’affiches pas de sourire et que ça dérange tant pis. Moi j’avais l’impression d’avoir perdu ma flamme intérieure, tout paraissait gris au mieux. Et puis un jour, elle s’est rallumée un peu et depuis de plus en plus souvent. Comment? Je ne sais pas trop mais il faut du temps 1 an? plus ou moins? J’ai aussi fait un truc qui m’a bien aidé de l’auto hypnose et de la sophrologie. Bref prendre soin de soi, reconstruire son esprit et son corps en se faisant du bien, être égoïste pour mieux partager ensuite. Alors oui tu traverses un période sombre, mais après le pluie le beau temps. Je te souhaites le retour du soleil rapidement. Petit à petit, à ton rythme. Quant au fait d’avoir fait tout ça pour rien, certes le but n’est pas atteint mais ce désire d’enfant est si fort qu’il faut aller au bout, ne pas regretter. limite on n’a pas le choix, c’est viscéral. Certes tu as perdu le combat mais ce n’est pas pour ça que tu ne vaux plus, rien au contraire. Tu as appris, évolué et ça fait de toi une autre personne qui a toujours autant de valeur et de qualités voir plus car tu a vécu des choses fortes. Tu es une belle personne, une battante qui a des rêves et cherche à les accomplir. Les rêves peuvent se réaliser alors je te souhaites de nouveaux rêves pour bientôt. en attendant prend soin de toi. je t’envoie plein de douceurs

    • Je sais que le soleil reviendra, tôt ou tard. Mais en attendant, je trouve que le prix payé pour rester les bras vides est vraiment élevé.Ce deuxième enfant, je l’ai espéré, attendu presque 10 ans. J’y ai cru, malgré toutes les épreuves traversées.Alors le bout du chemin, sans personne pour pleurer avec moi, c’est vraiment douloureux. Merci de me rappeler que j’ai le droit de pleurer, que je n’ai pas juste eu la grippe et que c’est urgent d’être égoïste. Mais par où commencer alors je trouve que je ne mérite rien? Je suis pétrie de culpabilité, alors je n’arrive pas à me faire du bien. Comme si je devais payer.
      Et toi, est tu sortie victorieuse de ce combat?

      • Non pas de bébé 2. J’allais dire : ‘toujours pas’ car quelque par je me dis et si un jour… comme quoi il est difficile de faire le deuil. Ça vient doucement. Ça me désole de te voir si dure avec toi même. oui tu as le droit d’être en colère, d’être triste, d’être fatiguée d’avoir envie d’etre dans ta bulle et de pleurer. Effectivement ce n’est pas juste une grippe. De temps à autre, cri ta colère à ton entourage! Une fois j’ai ‘osé dire’ que j’étais triste car mon fils serait seul, ma belle soeur m’a répondu ‘bin t’amènera des copains en vacances’ . bah oui tient, c’est pareil ! autant te dire que j’ai craché ma bile. Bon ça n’a pas changé au fait que depuis on en parle toujours pas, mais au moins, j’ai dit ce que j’avais sur le coeur et sur le coup elle a réalisé sa maladresse. Viens crier ta haine sur ton blog, même si certaines ne viennent plus, il y aura toujours quelqu’un.
        Moi aussi je connais la baisse de libido, le fait de détester ce corps qui m’a trahi. Je m’habillais de plus en plus comme un sac. Une discussion avec une copine m’a fait réaliser que je n’ai fait que la moitié de ma vie et je n’ai pas envie dans 30 ans de me retourner en ayant passer 30 à pleurer ce bébé 2.
        J’ai beaucoup dormi (couchée à 21h, seule sous ma couette, à pleurer). J’en avais besoin besoin de me réfugier dans la tristesse, je l’ai accepté. En journée (we) j’ai cherché à me faire du bien, acupuncture, autohypnose. Et ça franchement ça m’a aidé. Pas tout de suite mais le soir quand je me couchais parfois je pratiquais ce qu’on m’avait conseillé. J’ai retrouvé de la confiance en moi. la preuve, j’ai refais les soldes ce moi ci… doucement, la flamme se rallume (avec des rechutes mais moins bas!).
        Ne pas trop exiger de soi, un pas apres un pas. Et surtout, tu n’es pas responsable, tu n’as pas choisi cette situation tu la subie. Et la vie est injuste car l’espérance de vie se ralonge mais la fertilité ne suit pas. Je t’envoie plein de douces pensées.

  7. Je t’envoie plein de câlins par la pensée ❤ Je ne sais pas si tu en as l’occasion mais peut-être que partir loin quelques semaines te ferait du bien et te permettrait de repartir sur de nouvelles bases? Je t’embrasse très fort ❤❤

    • c’est une belle idée, mais malheureusement impossible à réaliser. Je ne peux pas prendre ‘des semaines » de congés et mon homme ne supporterait pas que je reparte seule (je l’ai déjà fait une fois et il m’en reparle encore…). Mais c’est certainement ce qu’il me faudrait. Une vraie rupture pour mieux repartir.

      • C’est une épreuve difficile, tu as le droit d’être en colère, d’avoir honte… de te détester
        Toutes tes émotions sont légitimes, ce que tu vis et tout ce que tu as vécu est compliqué, dur, injuste. Poses des mots sur tes émotions.
        Ne fais rien, prends un bain, dort la journée si tu ne peux plus la nuit, prend rendez-vous avec une sophrologue, une ballade dans la nature…
        Sois indulgente avec toi, ce n’est pas de ta FAUTE, c’est un fait. Tu n’es pas responsable.
        Je t’embrasse

  8. Mamzelle fleur, tu semblais si sereine dans ton post précédent, mais finalement ce n’est pas étonnant de te lire si triste maintenant. C’est un vrai deuil à faire et c’est long… Le temps est ton seul allié. Bien sûr, ton conjoint et les personnes bienveillantes de ton entourage t’aideront un peu, mais tu es la seule à pouvoir traverser toutes les étapes de ce deuil. Essaie de ne pas t’en rajouter une couche, je ne trouve pas personnellement que tu te sois acharnée, 3 ans et demi c’est à peu près le temps passé pour avoir ma fille et j’aurais continué un peu plus s’il avait fallu. C’est grâce au don que nous l’avons eue, sinon cela se serait mal terminé. Je vais peut-être être maladroite, mais êtes-vous sûrs de votre choix pour le don? Je suis là si tu veux échanger à ce sujet. Dans tous les cas, prends bien soin de toi, fais des choses pour toi, mais aussi avec ton fils et ton homme, partez éventuellement ne serait-ce qu’un week-end, qu’en penses-tu ? Viens nous parler autant que tu en as besoin / envie. Je t’embrasse.

    • Coucou Fortuna, Je sais qu’au vu de ton parcours et de l’arrivée de ta fille, tu ne peux qu’encenser le don d’ovocytes. Et c’est tellement compréhensible, puisque cela t’a rendu mère. Mais rien ne prouve que le don serait la solution pour nous. Et puis je suis littéralement à genoux après 4 FC. Mes 45 ans arrivent et on m’avait mise en garde sur les très grands risques d’une grossesse après 45 ans. Surtout, mon conjoint y est farouchement opposé.
      De toute façon, aujourd’hui ce n’est plus la priorité. L’urgence c’est que j’arrête ma descente, que je ne coule pas plus. Au début, j’ai réellement pensé que j’allais surmonter, d’où mon article précédent. J’étais étrangement détachée. Mais c’est revenu peu à peu, insidieusement. ça m’a rongé petit à petit, le vernis a craqué et toute l’horreur de ma situation et de mon vécu des 3 dernières années m’a sautée aux yeux.
      Il n’y a pas d’espoir pour moi sur ce chemin -là, il n’y aura plus d’autre tentative. Non, au bout du chemin, il n’y a plus rien.
      J’ai rêvé de cet enfant tant d’années que le vide immense laissé par mes grossesses avortées dévore mon instinct de vie jour après jour. Je frémis de ce que j’écris. Le désespoir est là, je le sais et je n’arrive plus à lutter.

      • C’est vrai qu’avec mon expérience mon discours est biaisé. Je voulais être sûre que tu ne regrettais pas cette option du don. C’est important d’être au clair avec ses propres choix pour avancer et cela semble être le cas pour toi.
        Cela sera sans doute long et douloureux, mais je suis convaincue que tu trouveras la force de te relever une fois de plus, de te reconstruire et je te souhaite d’y parvenir le plus vite possible. Surtout demande de l’aide si tu n’y arrives pas seule. Bises

  9. Je te suis depuis pas mal de temps déjà..de manière espacée mais continue..pourquoi espacée?…parce que comme toi, la pma m’a anéantie, engloutie et broyée…avant et pendant…et même quand j’étais en pleins traitements et plaine d’espoirs, je n’arrivais pas toujours à trouver la force de venir lire d’autres vécus, d’autres parcours..tout pouvait me bouleverser, m’angoisser, les échecs comme les réussites.. j’ai essayé pendant 7 ans, mon ultime fiv s’achève…ou pas…c’est compliqué et pas la force d’en parler…je voulais juste te dire une chose, qui me parait essentielle quand je te lis: tu n’as pas eu ce bébé,mais tu as encore ton homme…et même si votre relation est bien abîmée par ce que vous avez vécu les 3 dernières années, il est toujours là.Si tu as envie de ne pas le perdre lui aussi, ne te laisse pas trop longtemps engloutir par le deuil et force toi à te ressaisir…s’il est toujours là, c’est qu’il tient à toi…Il serait trop difficile de le voir « t’abandonner » à son tour car tu tu seras toi abandonnée à ta peine…Les 2 pertes en même temps-l’espoir denfant et ton homme- seraient encore plus atroces à vivre, crois moi car c’est ce que je suis en train de vivre.Alors ressaisis toi et reporte tes questionnements sur votre avenir à plus tard…Tu as besoin de son amour, de sa présence pour le moment…et si plus tard il devait avoir envie d’un enfant que tu ne pourras pas lui donner, si plus tard il devait te quitter pour une jeunette..eh bien ça arrivera quand ça arrivera…mais ce serait mieux que ça n’arrive pas maintenant…et en meme temps…Moi je dois faire le deuil de la maternitté le deuil de mon mariage en meme temps…crois-moi c’est atroce…comme toi j’ai « entrainé » mon mari dans la pma, je l’ai obligé à me suivre sur ce chemin, on a fait de tres nombreuses tentatives sur plusieurs années…pour n’avoir que 2 fc et des espoirs déçus…comme toi j’arrive à un age fatidique….mais contrairement à toi, moi il a déj pris la décision de me quitter, au moment du dernier transfert de fiv4…evidemment que de mon coté aussi je lui reproche quantité de choses et que son attitude a compté certainement je le pense dans le non aboutissement de cette quete de bébé…Mais se retrouver du jour au lendemain sans espoirs d’enfant et en procédure de divorce, c’est violent…je tenais à t’écrire ça pour que tu reflechisses, si tu as envie de garder ton homme, il n’est peut-etre pas trop tard pour toi…desolée si mes propos sont incohérents, mal écrits, mal formulés…je ne suis pas bonne à grand chose en ce moment, meme pas bonne à reussir à exprimer correctemement et proprement mes pensees.Courage, ça ira mieux très vite j’espère pour toi

    • Lise, j’ai lu ton message après une énième dispute avec mon homme… Merci d’avoir pris la peine de partager avec moi la tragédie que tu vis. Ta mise en garde est tout à fait pertinente et je ne l’entendrai probablement pas de quelqu’un qui n’a pas vécu les traitements sans fin, les échecs, le crève-coeur de cet enfant qui n’arrive jamais. Alors crois-moi, ta mise en garde est bien enregistrée dans un coin de ma tête.
      Je n’ai lu que 2 fois des histoires de séparation suite à la Pma. Le sujet doit être tabou pour être aussi absent de la blogosphère. Pourtant on le sait, la PMA brise des couples. Et des femmes. On ne le dit pas assez, la moitié des couples sortent de PMA sans enfant.Et combien se séparent ?
      Comme je suis triste de lire la violence de ce que tu traverses. Je dois te sembler bien exigeante, moi qui ais déjà un enfant et encore mon homme. Et qui n’ai passé que 3 ans et demi en pma quand ton parcours en fait le double.Je trouve particulièrement dur que ton mari t’abandonne au beau milieu du dernier essai. Mais on est tellement différents d’eux, on vit les choses avec nos tripes.Et je ne connais pas votre histoire.
      Es-tu bien entourée dans cette douloureuse épreuve? Des ami(e)s , de la famille, un psychologue?
      En tout cas, tu as réussi à exprimer les choses très clairement, contrairement à ce que tu penses. Le partage de ton vécu est une bonne sonnette d’alarme pour moi. Je crois infiniment en la solidarité féminine.
      Si tu veux qu’on échange plus, peut-être réussirai-je à t’aider un peu, n’hésite pas, écris-moi sur mamzellefleurenpma@gmail.com
      Que l’avenir nous soit plus doux à toutes les deux.

  10. J’ai trouvé par hasard vos mots et sans vous connaître je me suis vue un peu comme dans un miroir. Je suis expatriée, loin de miens, quand je téléphone je me sens obligée de dire que tout roule et que ma vie va bien, or, ce n’était pas le cas il y a 6 ans.
    Après plusieurs années nous aussi on a voulu faire un enfant mais hélas, mes 38 ans n’étaient pas au rdv, mon corps me jouait un mauvais tour, trois fausses couches et la seule explication que mes ovules ont vieillis.
    Vivre ces trois deuils ont été affreux, seule, j’étais plongée dans une mare noire. Meurtrie et impuissante, je décide de ne pas suivre des traitements et j’accepte de ne plus avoir de bébé dans mon ventre.
    Les années se sont passées et un bon jour j’étais enceinte, pourquoi maintenant? ou simplement pourquoi? Je ne sais pas.
    Avec mon histoire, je veux dire que les épreuves déshydratent nos veines et nos sang se renouvellent pour du bien. J’ai appris a connaitre mes limites, a apprendre a être heureuse avec si peu, a accepter simplement ce que la vie me donne et me construire tous les jours.
    Je vous souhaite de connaitre aussi ce bonheur même dans les difficultés et de trouver la paix tant mérité. C’est peut être le moment de vous permettre un bon renouvellement personnelle. Courage Mamzellefleur

    • Ton message est un bel exemple de l’incroyable solidarité féminine qui règne dans le monde de l’infertilité. Un joli pied de nez d’ailleurs à ma dernière commentatrice, alias « mereaufoyer »qui a craché son venin sans réussir à m’atteindre (cf plus haut dans les coms), mais je m’égare, revenons à l’essentiel.
      Je ne croyais pas en écrivant ce post que mes lectrices réussiraient à m’aider, quelle erreur !
      Quel joli message tu me sers là ! Je ne crois plus au miracle me concernant, néanmoins, ton témoignage m’est très précieux. Car, bien sûr, au delà du deuil de cet enfant, il y a un autre enjeu. Celui de pleinement savourer sa vie, en appréciant ce que l’on a. Quel que soit le domaine. La clé du bonheur est là j’en suis convaincue. Oui, tu as raison, je suis à un tournant. A moi de choisir quelle direction je prends, à quelle valeur je tiens et comment je veux vivre le reste de ma vie. C’est d’ailleurs bien cela qui m’ébranle aussi. Le projet de vie auquel j’aspirais est tombé à l’eau et je dois en inventer un autre. Comme tu dis si bien, il s’agit de « se construire tous les jours »
      Quel beau chemin de vie tu as dû parcourir . Je suis heureuse que, pour toi, cet enfant soit finalement arrivé.
      Merci pour ce témoignage plein de vie et d’optimisme.

      • A l’époque, je n’avais personne à qui parler, votre blog est une issue très importante pour canaliser nos parcours communs. A mon avis, toutes sommes des gagnantes, nous avons le courage d’essayer de toucher le bonheur. Je vous embrasse très fort. Je n’ai pas besoin de connaître votre visage, je connais votre cœur. Que les phrases négatives ne vous empêchent pas de sourire.

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