Etre bienveillante

Je pensais ne plus écrire. J’avais si mal. Je n’étais plus rien, mis à part de la douleur et du chagrin.

Mais l’écriture me sauve.

Merci à Peppa, La chanceuse, Migoune, Nanaquiattend, Florence,  Mouchette, Choublan, September75, Gambinou, Kaymet, Mamz’elle Bulle, Kalyz, Pénélope, Simone attend le train,Martineholmes, Fortuna, Charliewonka 33 et aux quelques autres qui m’ont écrit par mail.

Vous êtes les quelques courageuses qui avez cherché à m’aider dans cette nouvelle terrible épreuve en me laissant un mot. Une petite vingtaine sur plus de 650 personnes qui ont lu mon article. De celles qui me suivaient au début (j’ai ouvert ce blog en mars 2014), je crois qu’il ne reste presque plus personne. La plupart sont devenues maman, d’autres se sont désabonnées à chacun de mes débuts de grossesse (quelle ironie, puisque je  n’ai jamais été si loin de ne pas avoir d’enfant)

Je n’en veux pas à celles qui sont restées silencieuses. Je constate juste que c’est à l’image de ce qu’il se passe dans ma vie( la vraie). Le malheur rend muet. J’ai accumulé tant d’horreurs en quelques mois qu’on ne sait plus quoi me dire. Je comprends.Et puis, sûrement, mes mots dérangent. Car je ne cache pas la noirceur de mes pensées. Et comment reprocher aux autres d’abandonner quand moi-même j’avais abandonné ?

Merci donc pour ces quelques mots qui ont été des petites bouées dans mon naufrage. On pensait encore à moi. Je croyais n’être plus rien, mais si, il y avait encore quelques personnes pour compatir, tenter de me soutenir.

Je ne vous ai pas répondu, je ne savais pas quoi écrire. Moi aussi le malheur avait fini par me rendre muette.

Il a fallu que j’attende 5 jours pour une deuxième écho, mon gynéco voulant être sûr de l’arrêt de ma grossesse. Je suis donc restée suspendue au temps, n’espérant rien, ne croyant pas au miracle, brassant et rebrassant mon malheur. Pourquoi moi, pourquoi encore ?

Puis, j’ai vécu une semaine de torture physique avec le Cytotec. Qu’on m’explique comment supporter sereinement de violentes contactions utérines, quand on sait que c’est pour déclencher une fausse-couche.  Je veux bien avoir 100 fois plus mal pour accoucher d’un enfant en vie, mais boréal souffrir pour ça, c’est l’horreur.

Physiquement, cela aura été la plus dure de mes trois fausses-couches. Reprendre chaque matin et chaque soir ce terrible médicament sachant les effets que cela me donnaient, ce fut vraiment l’enfer. Je n’ai jamais perdu autant de sang… Et la douleur, associée à mon chagrin a fait un vilain cocktail. La colère m’a envahie, je n’ai plus été que ça. Rage, haine.

Aujourd’hui, cela fait 2 jours que je n’ai presque plus de douleur. Je souffle. Enfin. Mais je suis brisée moralement par toutes ces épreuves.

Il me faut à tout prix donner un sens à tout ça si je veux sauver ma peau. J’ai l’impression d’être sur une barque en pleine mer à la dérive.Pourquoi vivre chaque fois cet espoir d’enfant, le ressentir, si c’est pour le perdre chaque fois ? Croyez-moi c’est atroce. Si je n’accepte pas mon sort, je vais couler.

Il faut que j’étouffe cette culpabilité qui me poursuit. Il faut que j’apprenne à être bienveillante, bien pensante avec moi-même. Ces épreuves ont forcément un sens.

Pour cela j’ai rencontré une femme chamane. Nous avons parlé d’humilité. Oui tout cela m’a rendue terriblement humble. Je ne maîtrise rien et la vie est infiniment fragile. Nous avons parlé de ces âmes qui ont traversé ma vie.

J’essaye de lire aussi. Des livres de développement personnel, d’éveil spirituel. Je ne suis pas croyante au sens religieux. Mais je sens bien que mon salut dépend de ma capacité à m’élever un peu spirituellement. Pour m’aider à accepter. Oublier ma rancoeur, éteindre ma colère et ne plus envier les autres.  Pour me permettre de retrouver à  nouveau le plaisir d’être en vie et apprécier ce que j’ai déjà.

Un long apprentissage  m’attend . Apprendre à m’aimer vraiment et me respecter. Accepter ce que je vis sans remettre en cause ce que je suis.

Alors je m’efforce de m’endormir en pensant à 3 moments agréables de ma journée, en essayant de les revivre vraiment, d’en ressentir le bien-être. Quand j’ai de mauvaises pensées, j’essaye d’oublier que je ne contrôle pas forcément ce que je pense et que je ne suis pas mes pensées(ne pas être). Et je m’évertue à méditer de courts moments pour oublier un peu mon chagrin et me permettre de vivre pleinement l’instant présent.

Voilà j’essaye de sortir de l’enfer et de reprendre un peu goût à la vie.

Dans ta vie, fais confiance à ceux qui peuvent voir ces trois choses: Ta peine derrière ton sourire, l’amour que tu as malgré ta colère et la raison de ton silence.

Et pour finir, voici Tara la Bienveillante.

tara

 

La Tara verte (Dölma Doljan en tibétain, Tārā (sanskrit ; devanāgarī : तारा) est l’une des 21 formes de Tārā, bodhisattva du bouddhisme qui officie pour la bienveillance des êtres.  Son emblème est la couleur verte, symbole d’espoir, et le lotus bleu à demi-ouvert.

La Tara verte est particulièrement connue pour sa puissance à surmonter les situations les plus difficiles, donnant la protection et le réconfort contre tous les dangers. Il s’agit d’une déité tibétaine qui intervient toujours pacifiquement. Elle est le bodhisattva féminin de la compassion.

 

Soyez bienveillante avec vous-même, personne ne le sera jamais autant que vous.

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56 réflexions sur “Etre bienveillante

  1. Tu es pleine de ressources. Évidemment ça n’empêche pas la douleur et la tristesse mais ça aide à la supporter j’imagine et aller de l’avant. Je t’embrasse et t’envoie plein de bienveillance de courage et de force mais aussi de joie et d’apaisement. 😚😚

  2. Je suis d’accord avec toi sur le fait que notre « auto-bienveillance » est vitale mais tu peux en trouver aussi chez les autres -ton homme par exemple, peut être une bonne amie, une soeur et ça fait du bien. Je t’embrasse et te renouvelle mon admiration quand à ta force de caractère ; )

  3. Douce et courageuse petite fleur, que d’atroces souffrances physiques en écho aux souffrances psychologiques tu as dû traverser une nouvelle fois… C’est si triste. Et tu es si courageuse. Ça me rassure que tu aies vu cette chamane et que tu travailles à l’apaisement de ton corps et de ton moral par la pensée positive. J’imagine combien cela doit te demander d’efforts de tirer vers le bon et le beau chaque jour. Tu peux être fière de toi. Bon courage. Des baisers. Et de la bienveillance bien sur.

    • Qu’il me touche ton message.J’essaye de sortir de l’impasse de la souffrance et je crois que je dois changer mon rapport au monde en profondeur. C’est un vrai travail de penser positif même 5 min par jour, de ne pas me laisser happer par mes pensées sombres, de ne pas me culpabiliser de mes faiblesses.C’est un nouveau combat. Avec moi-même celui-là. Je t’embrasse

  4. Je te souhaite vraiment d’apaiser ton corps et ton coeur le plus rapidement possible. Je suis contente de voir que tu as trouvé divers moyens pour y arriver. Sache que si tu as besoin de parler je serais toujours là pour t’écouter/ te lire, tu peux m’envoyer un mail à pmaquandtunoustiens@gmail.com quand tu veux. Plein de courage. Prends bien soin de toi. Bisous

  5. Je sors de ma grotte pour te répondre. Je me suis sentie concernée par ton article parce que je fais partie des silencieuses. Chaque silence à sa raison et elle est propre à chaque lecteur mais cela ne peut pas se résumer au malheur qui rend muet.
    Je pense que c’est surtout le silence de tes proches qui est difficile pour toi.
    Je suis désolée que la vie ne t’épargne pas, c’est encore une épreuve à surmonter.
    Sois bienveillante avec toi mais aussi avec ton entourage, qui doit être désarmé devant autant de souffrance.
    Je te souhaite la fin de ton calvaire et des lendemains apaisés.

    • Je n’attaquais et ne jugeais personne.Chacun a sa vie, et surtout sa liberté. Je constatais juste. Certes mon propos était réducteur. Mille raisons expliquent qu’on ne commente pas. Le fait est que dans la vraie vie et sur mon blog les soutiens se font de plus en plus rares. Désolée si tu t’es sentie attaquée.
      Ma force de vie est une petite flamme bien faible, alors de bienveillance j’essaye surtout d’en avoir pour moi aujourd’hui parce que c’est l’urgence.
      Merci d’être sortie de ta grotte pour me souhaiter de l’apaisement car c’est la seule chose à laquelle j’aspire aujourd’hui.

      • Je ne sais pas comment l’ont ressenti Molkette et Marivalou mais je fais partie de celles qui ne savent que dire dans des circonstances malheureuses. Je ne me suis pas du tout sentie attaquée par ton article, je suis parfaitement consciente de la difficulté que j’éprouve à trouver des mots qui ne sonnent pas creux quand on est au fond du trou. Tout ça juste pour dire que parfois même si on n’écrit pas, ça n’empêche pas de penser à toi…. je t’embrasse ainsi que Monchéri qui souhaite se joindre à moi car bien qu’il ne lise pas les blogs, je parle de certaines d’entre vous…

        • Je suis très touchée par tes mots, tu remercieras ton chéri aussi. Je suis rassurée que mes propos n’aient pas été mal pris ou mal interprétés. Je suis à fleur de peau c’est certain, je vis tout avec une intensité décuplée. Je me suis sentie si seule et abandonnée. Mais c’est surtout l’immensité de mon chagrin et de ma douleur qui m’ont isolée. Je me sentais enfermée en enfer. J’en sors, doucement, sans trop savoir comment je vais réussir à reprendre une vie ordinaire, ni si je vais parvenir à retrouver le chemin du bonheur. Pour le moment, je veux juste trouver un peu d’apaisement de tout petits moments dans une journée pour pouvoir me ressourcer et retrouver des forces. Je t’embrasse.

        • Je te rassure, je ne me suis pas non plus sentie attaquée 🙂 mais si je n’ai pas commenté, c’est que j’ai mes propres raisons, qui n’ont rien à voir avec le malheur me rendant muette ou mon nouveau statut de maman.
          J’espère très sincèrement que tu vivras des jours meilleurs. Et que le pire est derrière. Et que ta bienveillance touchera également ton entourage 🙂

          • Tant mieux si on message n’a pas été mal pris. Je me doute bien que chacune a ses raisons. Pourvu que tu ais raison et que le pire soit derrière moi, car il me reste encore un embryon et je me demande parfois ce que DN pourrait encore me réserver si j’ai la force de faire un jour cet ultime transfert. Merci d’avoir laissé un com en tout cas. bises

            • Tout comme les filles, lectrice de l’ombre je ne me suis pas sentie attaquée mais il est parfois difficile de savoir mettre des mots, surtout quand d’autres le font si bien. Mais comme d’autres j’ai eu bien des pensées vers toi. Il est des choses qu’on ne devrait jamais vivre. Des bisous.

  6. Le silence des proches peut être d’une violence extrême et je comprends ta déception. On a beau se dire qu’il est peut-être causé par la peur d’être maladroit, d’employer le mauvais mot, de faire mal, la souffrance est la même. Mais ne te sens pas abandonnée. Il y a plein de gens sur la blogo qui souffrent avec toi, qui auraient tellement voulu que l’histoire ne se répète pas… et je suis sûre qu’il en est de même parmi tes proches, même parmi ceux qui gardent le silence aujourd’hui. Quand j’écris ces mots je me demande toujours si cela ne sera pas pris comme quelque chose d’exceptionnellement vain par la personne à qui ils sont adressées car après tout qui suis-je dans sa vie? Mais je te le dis quand même: je pense beaucoup à toi et ai beaucoup de peine. J’espère très fort que tu arriveras à te reconstruire malgré cette nouvelle épreuve. Comme Charlie j’admire ta force de caractère et ne doute pas que tu y arriveras.Je t’embrasse très fort

    • J’ai eu la sensation de sombrer et j’avais l’impression qu’on me regardait couler. J’avais ce sentiment si fort que le sort s’acharnait sur moi et mon entourage ne semblait pas mesurer quel drame se jouait pour moi. J’ai eu si peur d’y laisser ma santé mentale, tant la douleur m’a abrutie, voir carrément mon envie de vivre. Les bras tendus se faisaient si rares…
      Je te remercie pour tes mots si doux, qui me font beaucoup de bien.
      Je ne sais pas si j’ai une force de caractère, je suis surtout épuisée de souffrir.
      Et j’ai le devoir de m’en sortir car j’ai un fils de 9 ans qui a besoin de sa maman, d’une maman souriante et apaisée. De gros bisous.

  7. Si tu savais comme j’ai pensé à toi… Je suis peinée de lire que tu as à nouveau souffert physiquement, j’aurais « espéré » qu’un curetage te « libère » plus vite.
    Je suis impressionnée par ta force et ta volonté, je te souhaite de parvenir à être aussi bienveillante avec toi-même que tu l’es avec nous.
    Tu peux compter sur moi pour continuer à t’écrire car je sais que ça fait du bien même si on n’arrive pas tjs à répondre… Prends bien soin de toi et j’espère que cette Tara veillera sur vous 💙💚
    Gros bisous et 🍏 (think positive!)

    • Moi aussi j’ai souvent pensé à toi. Nos drames nous rapprochent un peu. Je ne voulais pas d’un curetage car j’ai eu 6 AG depuis 2ans. Je ne veux plus qu’on me touche. Rien que l’idée de repasser au bloc me donne la nausée. Le curetage la dernière fois ne m’avait pas évité le cytotec car il restait des caillots. Mais c’est vrai que j’en ai bavé cette fois-ci.
      Etre bienveillante avec moi-même c’est mon nouveau défi, ceux qui me connaissent bien savent à quel point je suis dure avec moi-même. Il faut que j’apprenne à m’aimer, me pardonner et reconnaître mes qualités.
      Mais tu sais si je ne me bats pas pour me relever une fois de plus, alors à quoi bon vivre si c’est pour vivre en souffrant chaque matin?
      Et toi, est-ce que tu vas un peu mieux ?
      Je t’embrasse fort

  8. Que c’est dur Mamzelle Fleur… Je pense souvent à toi et je me demandais comment tu vivais ce calvaire. Je vois que tu commences à en sortir, du moins physiquement, c’est déjà une première étape, la suite sera certainement plus longue.
    C’est difficile de ne pas se sentir suffisamment entourée et soutenue, mais comme le disent les copinautes, les gens ne savent malheureusement pas quoi te dire tellement ta souffrance est immense… Tu peux compter sur nous bien sûr et effectivement sur ta bienveillance, car comme tu le dis, tu es la première à devoir essayer de te faire du bien…
    Tu t’en relèveras, j’en reste persuadée car tu sembles être une personne très forte ! Continue d’écrire, ça aide aussi pas mal de mettre des mots sur ce qu’on ressent. Et donne-nous des nouvelles quand tu t’en sens le courage. Je t’embrasse très fort.

    • Oh oui c’est dur, terriblement dur. Mais finalement j’ai tant souffert physiquement que de ne plus avoir aussi mal est déjà un immense soulagement. Après tant de douleurs, je me contente de peu et apprécie le si peu de bien-être que je peux ressentir.
      C’est bien sur mon image/estime de moi que je dois travailler, car quand je lis comment tu me vois (très forte), j’ai l’impression qu’on parle de quelqu’un d’autre.J’espère que tu vas bien. Bises

  9. Ton chemin vers la sérénité est passionnant et en aidera plus d’une je pense. Mobiliser tes maigres forces pour essayer d’aller mieux est une belle preuve de ta force. Tu es sur le chemin et tu avances pas à pas. Je tenais à te remercier en tant que lectrice car on a l’impression de pouvoir (un peu) aider. Trouver les mots est parfois si difficile (et là je je pense à Zabou qui vit un tel cauchemar)…Des bises…

    • Oh que oui les quelques mots laissés ici ou là peuvent aider vraiment. Internet permet cela, de se soutenir, de s’entraider en faisant fi des km, de l’âge, de la différence sociale…Nous sommes juste des femmes qui essayons de partager notre expérience, notre savoir, notre force, comme le faisaient nos ancêtres.Une forme de sororité moderne.
      Alors merci d’être là pour moi Florence et de m’accorder un peu de ton attention et de ton temps.Bises

  10. Chère Fleur,
    Ca ne fait pas très longtemps que je suis ton blog. Mais j’ai appris le terrible calvaire par lequel tu passes.
    Je ne m’étais pas manifestée non plus. On ne se connaît pas, mes mots ne t’auraient sans doute pas apaisée, mais j’imagine qu’il doit être difficile de voir un nombre si élevé de lecteurs pour si peu de témoignages. C’est pour cette raison que je t’écris aujourd’hui.

    Je ne sais pas ce que tu vis. Je ne pourrai donc pas trouver les mots. En fait, je ne suis même pas sûre qu’il y ait des mots. La douleur, les désillusions, les peines, je les connais. Mais les miennes ne sont pas si virulentes que les tiennes.
    C’est pourquoi je ne peux que te dire ceci: je te souhaite, après ces tempêtes, de vivre, tout simplement. De vivre et de sourire.

    • Il est touchant ton commentaire. Merci d’être sorti de l’ombre et merci pour ce si doux souhait. Je crois que je n’aspire plus qu’à la paix de mon âme, juste ça. Re-vivre en somme. Des bises

  11. Au mois de Septembre 2015, j’ai eu une conversation avec ma sophrologue :
    « Je suis depuis 2 ans dans le tambour d’une machine à laver, cycle long, essorage à 1000 tours/minute… avec une eau à 40°c… je subis… alors j’attends… »
    « Vous attendez quoi ? »
    « Que le programme se termine, que la vie soit plus clémente à mon égard, que les mauvaises nouvelles cessent… »
    « Vous ne pouvez pas gérer les mauvaises nouvelles, par contre vous pouvez peut-être gérer l’impact qu’elles ont sur vous ? – Vous êtes quelqu’un d’important, vous devez prendre soin de vous, vous aimer… continuez d’avancer… vous faire plaisir… vous le méritez »
    Depuis lorsque la douleur m’envahit, je repense à ses mots…
    Tu es quelqu’un d’important ma belle, essayes au maximum de prendre soin de toi… de t’aimer.
    Je pense bien à toi et je t’envoie un millier de belles pensées pour soulager ce terrible poids…
    Grosses Bises

    • Elle est tellement parlante ta métaphore de la machine à laver. Comme toi, ma vie m’a échappé.
      Mais tu as raison, je dois apprendre à m’aimer.Quant à la question de mériter, je n’en suis pas là je crois. Les échecs, les deuils pèsent aujourd’hui lourd face à ma persévérance et mon prétendu courage. Bilan négatif donc sur l’échelle de l’estime de moi.
      Néanmoins, j’entrevois qu’il faut que je change mon angle de vision. La destination ne compte pas finalement c’est le chemin et comment on vit au jour le jour cette aventure de la vie qui sont essentiels.
      Je retiendrai tes sages paroles. Bises

  12. Coucou ma belle. Sache que malgré mon silence (j’ai un peu de mal à trouver ma place et mes mots), je pense fort à toi. Tu as raison d’être bienveillante avec toi. Je suis là si tu as besoin. Des bises

    • Merci pour ton soutien. J’imagine que ce n’est pas facile de savoir quoi dire quand on est enfin vraiment monté dans le train, mais je sais que tu connais malheureusement bien tout ce que j’ai vécu. Bises

      • Ne me remercie pas, je sais que je ne suis pas d’un grand soutien en ce moment (trop repliée sur moi et mes craintes). Je suis loin d’avoir oublié la douleur de ces pertes aussi si tu as besoin d’en parler, n’hésite pas, je saurai te comprendre. Je t’embrasse.

  13. Ma belle Fleur… Sache qu’on est là pour t’aider à sortir de cet enfer. Ecris, écris, écris pour évacuer cette douleur. Ecris ta colère, ta tristesse, ton désarroi, ta peine. Et nous, on se charge d’être là et d’essayer, au mieux, de te montrer notre soutien. Ces quelques lignes sont peu mais sache, que mes pensées vont très souvent vers toi. Je t’embrasse bien fort.

    • Merci Mamz’elle Bulle, ton soutien est précieux en ces temps difficiles. La douleur isole et mon entourage de restreint de jour en jour. Mais savoir qu’ailleurs quelqu’un pense à moi, c’est une des pierres de ma reconstruction future. Des bises

  14. C’est un pas d’écrire ici, de mettre des mots sur tout ce que tu as pu vivre ces dernières semaines et je suis contente de te voir avancer et de lire de tes nouvelles aussi.
    Oui, ça fait mal une fausse couche, terriblement. Aussi bien physiquement que moralement. J’ai souffert pour ma césarienne mais jamais je n’aurais jamais imaginé souffrir autant pour ma fausse couche. Et puis c’est si difficile de vivre cette épreuve sachant tout ce qu’elle représente, tous les espoirs qui s’envolent avec.
    Cette étape est passée et il faut réussir à reprendre confiance, à se réapproprier ce corps qui nous fait tellement défaut. Je crois que c’est important de réussir à trouver la personne qui saura t’écouter sans juger et qui saura t’accompagner dans ce deuil.
    Prends le temps qu’il te faut pour te reconstruire, pour (re)trouver un but à ta vie et pouvoir en profiter. Car malgré toutes les épreuves, la vie est belle, elle est faite de jolis moments aussi. Avec le temps, tu apprendras à accepter ce qui est inacceptable aujourd’hui, tu apprendras à accepter qu’il n’y aucune raison valable à ce qu’il s’est passé.
    Ne doutes jamais de ta force, tu as su en trouver à chaque fois et aujourd’hui tu arrives à te donner les moyens de te relever. Il y aura certainement des moments difficiles, mais ce sont des instants malheureusement qu’il faut passer, ce sont des étapes qui font partie du deuil.
    Bon courage à toi sincèrement et tiens nous au courant surtout.
    Je t’envoie des bisous de soutien.

    • Restaurer ma confiance en moi, me réapproprier ce corps si douloureux, c’est exactement ça. J’y travaille mais chaque jour est un challenge. Je me réveille avec cette pensée de mes bébés envolés et ça me remplit de tristesse… Et puis je n’en ai pas tout à fait fini avec les misères du corps. Mon utérus reste douloureux et les migraines sont arrivées, comme chaque fois après une fausse-couche.
      Mais la question qui me torture le plus depuis 2 jours, c’est « suis-je capable de reprendre mon travail lundi? « : un coup, je me dis que je suis encore bien trop faible physiquement et moralement, un coup, je me dis qu’il faut y aller et me faire violence. Cela fera 3 semaines bientôt que je ne vais pas travailler. Mais, la réponse ne s’impose pas clairement. Difficile avec tout ça de trouver de l’apaisement… Bisous

      • Coucou Mamzelle,
        Bientôt un mois depuis cet article et j’aimerai savoir comment tu vas, ton couple.
        J’espère que ta reprise au boulot n’a pas été trop difficile et surtout que tu tiens toujours le coup.
        De gros bisous.

        • Comme c’est gentil Mouchette de t’inquiéter de mon devenir.
          J’ai repris mon travail,il y a 2 semaines, ce fut violent, mais peu à peu je suis retournée dans la vie. Je retrouve chaque jour mes forces et j’ai même fait quelques sorties nocturnes. Mon chagrin disparaît doucement, même s’il revient parfois sans prévenir. Le souvenir de ces 3 grossesses avortées continue de me hanter, mais j’essaye de regarder devant moi.
          Nous faisons des efforts mon homme et moi pour nous retrouver, mais ces 3 FC et ces 2 ans et demi intensifs de PMA nous ont bien abîmés. Quoiqu’il en dise, je sais que c’est aussi terrible pour lui que pour moi de réaliser que nous sommes un couple stérile. Qu’aucun enfant ne naîtra de nous deux.Qu’aucun enfant n’arrivera plus dans nos vies.
          Je n’ai toujours pas accepté, j’essaye juste de vivre et de remettre un peu de joie dans ma vie.
          Et toi, où en es-tu?

          • Merci Mamzelle de me donner de tes nouvelles. Je suis contente de lire que tu t’accroches mais aussi qu’avec ton homme vous faites des efforts ensemble. Même s’il ne le dit pas, c’est évident que c’est dur pour lui aussi mais nous n’avons pas la même façon de réagir et de gérer ces épreuves. Chacun avance à son rythme comme il le peut et le principal est que la compréhension, le soutien vous accompagnent.
            Bravo à toi de ne pas sombrer. On trouve des ressources au fond de nous-même sans trop savoir comment. L’acceptation est très longue à venir. Le plus important aujourd’hui est de continuer à avancer, à vivre, chaque chose en son temps.
            Merci de prendre de mes nouvelles. Ici, l’arrivée de notre petit bout se fera sûrement en 2018. Au début c’était la douche froide, mais nous avons accepté car le plus important est que nous serons parents. Alors en attendant, on se fixe des petits buts, un grand voyage aussi nous espérons !
            Je t’embrasse Mamzelle, donnes-nous de tes nouvelles quand tu en auras envie et accroches-toi !!

  15. J’avais lu ou entendu quelque part que la douleur physique qui accompagne la fausse couche est une façon d’aider à traverser ce deuil – en lisant ton com je me disais que décidément non, car tu décris bien à quel point cela a été atroce; et à la fois dans une de tes réponses aux com ci-dessus, tu dis que maintenant que la douleur physique s’estompe, tu apprécies ce soulagement, alors peut-être qu’il y a du vrai au final (mon unique fausse couche, je l’ai vécue sans douleur, en curetage sous AG, donc je n’ai pas connu la douleur dont tu parles).
    Je trouve que tu avances sur un chemin très juste et sain, avec la chamane, la méditation – j’aime ta déesse Tara la Bienveillante, elle a un visage serein. En parlant de bienveillance, j’ai été accompagnée sur Paris par une dame vraiment bien, qui transpire la bienveillance justement – elle nous avait accompagnés, mon chéri et moi, pour nous aider à gérer les difficultés liées à l’infertilité avant même que nous ne nous lancions en PMA, puis j’étais retournée la voir après ma fausse couche, et cette séance avait été très libératrice et apaisante pour moi. Je ne sais pas où tu habites, mais si jamais tu es en IdF et que cela te dis, je pourrai t’envoyer ses coordonnées.
    Je peux aussi te recommander une amie très proche qui est très douée pour accompagner sur ce chemin, quelle que soit la forme que prend le chemin d’ailleurs – c’est Estelle de 1001 Fécondités (http://www.1001fecondites.com/); avec elle, l’accompagnement peut aussi se faire à distance.
    Ce sont juste des pistes, qui peut-être à un moment ou à un autre pourront t’aider à te sentir moins seule, à gérer toutes les émotions qui te traversent, et peut-être à trouver du sens à tout ça – même s’il parait difficile de parler aujourd’hui de sens au vu des difficultés que tu as traversées et que tu traverses encore…
    Je t’embrasse bien fort
    ❤ ❤ ❤

    • Merci pour tes pistes, mais je ne suis pas en IDF et quant à ton amie Estelle, je ne doute pas de ses qualités mais j’ai besoin d’avoir les gens en face de moi et ses tarifs sont tout à fait hors de mon budget… Mais ce n’est pas grave. L’intention y était et je t’en remercie et je sais qu’il y a plein de belles personnes dans ma région qui pourraient me soutenir, me guider.J’ai déjà une excellente psychologue , qui me suit maintenant depuis mai 2014 et cette femme chamane qui m’a d’ailleurs rappelée pour me dire qu’elle ne me lâchait pas, qu’elle était là si j’avais besoin d’elle pour m’accompagner dans d’autres étapes.
      Et tu ouvres un vaste débat sur l’intérêt de la souffrance physique. Je crois effectivement que cela a un pouvoir cathartique, que cela permet peut -être de mettre une forme que la douleur psychique. Alors finalement souffrir physiquement aura sûrement permis de rendre ma souffrance psychologique légitime aux yeux de mon homme, qui pense que souffrir moralement ne sert à rien et qu’il faut éviter cette étape en passant tout de suite à autre chose.
      je ne sais pas si je suis très claire.
      Quoi qu’il en soit, je n’ai pas chois le Cytotec pour ça, c’est juste que j’ai maintenant en horreur l’idée qu’on touche à nouveau à mon intimité, au coeur de mon âme de femme dans un bloc opératoire pendant que je suis inconsciente. Je trouve cela terriblement viol-ent.
      Bisous.

  16. Prenons soin de nous, nous sommes les personnes les plus importantes de nos vies respectives…
    De douces pensées, j’ose penser que ta tristesse et ta douleur s’apaiseront avec le temps… Bizzz ❤

    • Le temps ramènera de la douceur dans ma vie (j’avais tapé « douleur » … quel erreur de frappe révélatrice de mon actuelle vision de la vie…) , et sûrement d’autres épreuves, c’est pour ça qu’il est urgent que j’apprenne à prendre soin de moi, à m’aimer vraiment, au lieu d’attendre que les autres soient là. Toi aussi, prend soin de toi. Bises

  17. Coucou,
    ton post est un sacré concentré. Il me touche beaucoup car je suis très proche de tout ça. mais je n’en suis pas encore à tant de sagesse! je n’arrive pas à être sereine parce que je n’accepte pas mes échecs et mon infertilité. Colère contenue, tristesse étouffée et optimisme de façade.

    Tu sembles te prendre en main comme il faut, c’est plutôt chouette.

    J’ai frémi en lisant « Cytotec ». Il est responsable de bien des souffrances physiques (et morales) chez beaucoup. J’ai pris des comprimés de cette merdasse une première fois dans ma vie, j’ai douillé tout ce que j’ai pu 48h (plusieurs prises) et rien, rien ne s’est décollé. Ca a fini en curetage après des vomissements dus à la douleur intense.
    L’année, dernière, lorsqu’on m’apprenait que mes jumeaux ne vivaient plus (ou pas vraiment), on m’a imposé cette saleté malgré mes supplications. Je voulais être endormie, qu’on s’occupe de moi, qu’on enlève proprement ces quelques cellules. Mais non, retour à l’envoyeur, avalez vos comprimés chez vous et revenez faire un contrôle après l’évacuation. j’ai eu mal comme jamais, mon petit utérus faisait des bons, je me suis presque évanouie, je ne sentais plus mon corps. Un appel aux urgences par mon chéri n’a rien fait, il fallait attendre, souffrir, c’était bien normal. Moi je rêvais qu’on m’assomme, qu’on m’endorme. Rien n’est descendu, rien ne s’est décroché. A l’écho quelques jours plus tard, rien n’avait bougé, il a donc fallu faire un curetage.
    Je ne comprends pas qu’on impose à une femme déjà en grande souffrance psychologique, cette souffrance physique. Et cette peur. J’avais peur de me vider de mon sang dans ma campagne, de voir. De voir ce qui ne seraient jamais mes enfants.Seule.
    Un an après, je revis ces moments atroces très intensément.

    J’espère que tu évacueras plus vite que moi tout cela.

    Et si on te lit sans laisser un message, ce n’est pas par abandon ou désintérêt. Juste qu’on ne sait ni quoi dire ni quoi faire tellement tout ce que tu vis est intense et injuste.

    • Chère Deesselinette, Désolée d’avoir réveillé ces douloureux souvenirs. J’ai lu un dossier intéressant « fausses couches: petites morts, grands deuils » dans la revue participative Rêve de Femmes. on peut l’acheter en format pdf pour 5 euros sur leur site. C’est le n°35. Certes, ce sont de témoignages de femmes qui n’ont pas vécu la pma, mais l’idée que ces deuils aient un sens m’a fait du bien.
      Je ne sais pas si j’ai avancé plus que toi, mais une chose est sûre, le fait que j’ai déjà un fils de bientôt 10 ans m’aide incontestablement. Tu as cette peur en toi de ne jamais être mère, et ô combien je la comprends, moi j’ai peur de ne plus pouvoir donner la vie.C’est dur pour moi de renoncer à avoir une enfant de l’homme que j’aime et d’accepter que mon fils sera fils unique, mais je suis déjà maman et j’ai de la gratitude pour ça. J’espère que toi aussi tu trouveras le chemin de l’apaisement. Je t’embrasse fort

      • L’apaisement viendra peut-être du fait que je suis une belle-mère (à temps très partiel, on n’a pas la garde) et que je serais peut-être une belle-grand-mère (ça me peine de ne pas être grand-mère si je ne suis pas mère). Ou d’une adoption… si on poursuit le projet.
        Bisous réconfortants.

  18. Ma chère Mamzelle Fleur… j’ai pris le temps de lire et de m’imprégner de ton billet pour te répondre. Que te dire… Je ne peux pas me mettre à ta place et ressentir ce terrible chagrin qui t’accable. Juste te dire que le sentiment de solitude que tu décris me donne les larmes aux yeux. C’est trop injuste qu’une belle personne comme toi se sente mise au ban…
    De temps en temps quand l’idée que je ne serai jamais mère s’installe un peu trop en moi, je suis prise d’un vertige et d’une douleur glaçante qui me ferait faire n’importe quoi… je ne vois pas l’intérêt de me lever le matin.
    Puis, une jolie pensée, une musique entraînante, un livre me fait croire que ça vaut le coup d’avancer malgré tout.
    C’est un chemin cahoteux et tortueux. Dis à tes proches que tu as besoin d’eux, dis-leur que tu as besoin de leur présence, même si elle est maladroite, forcément maladroite….
    Je t’embrasse fort…

  19. Merci Simone pour tes mots. Tu sais, il y a beaucoup de deuils derrière mon chagrin. Ceux liés à mes 3 FC, celui de faire de mon homme un papa, celui d’avoir un enfant dans le bonheur (pas comme pour mon fils), celui de donner un frère ou une soeur à mon fils unique. Je suis au bout du parcours,il nous reste un seul embryon, une seule tentative puis rien. Ce sera fini, pas de bébé, par ici la sortie. Et le processus d’acceptation est rendu encore plus douloureux par tous ces faux espoirs, tous ces échecs, toutes ces douleurs.
    Je ne sais même pas si nous ferons ce dernier essai. Nous sommes à bout, notre couple est très fragilisé et je réalise que ni l’un ni l’autre ne croyons en une issue positive.
    Je m’accroche aux petits bonheurs, j’essaye de reprendre goût à la vie, mais je constate au fil des jours que je suis vraiment éteinte. La tristesse prend le dessus, malgré moi. Mais je continuerai à me battre car j’ai un fils qui a besoin d’une maman debout et bien vivante.
    J’espère que tu vas mieux et que tu réussis en encaisser. Je t’embrasse fort moi aussi.

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