la haine

J’ai la haine.

Ça fait nul dit comme ça, on dirait un mauvais texte de rappeur de banlieue.

Mais pourtant c’est ça. Soudain, j’ai cette violente colère qui monte en moi. Une phrase de trop, une parole qui me blesse et me revoilà prise dans le tourbillon de la haine.

Je ne peux pas hurler, alors je fais un doigt d’honneur à mon mec qui me dit que je dois faire un effort, que je dois comprendre les autres, que je devrais aller mieux vu que je n’ai plus de douleur physique. Ta gueule !

Essaye plutôt de me comprendre pour une fois, de me soutenir, de m’encourager plutôt que de me parler de tous ceux qu’on doit inviter. De tous ceux-là justement qui ne se sont même pas déplacés, n’ont pas envoyé un mot, rien. Qu’ils aillent au diable !

J’ai envie de hurler, de fracasser  contre les murs ce qui me passe sous la main.

Je me retiens, mon fils est là.

Qu’est ce que je peux entendre comme conneries ! Et moi quand est-ce qu’on m’entend ?

Ma douleur est  tapie au fond de moi, mais elle ne demande qu’à éclater.

J’ai la haine.

Je suis retournée travailler, j’ai dû dire 30 fois aujourd’hui « oui, oui, je vais bien » mon cul oui, tu parles ! Toute la journée, je me suis demandée ce que je foutais là. Je suis toujours désincarnée, je n’arrive pas à sourire, je suis vide. Je suis une marionnette qui fait semblant.

Comment expliquer à quel point ce deuil est violent ? Comment décrire à qui ne l’a pas vécu combien cela m’étouffe, combien c’est terrifiant. Perdre un bébé, c’est juste l’horreur.

Il y a ceux qui comprennent, ou du moins sont bienveillants et puis tous les autres qui me jugent, me servent leurs conseils pourris. Mais bon, faudrait que je comprenne leur maladresse ! Ah bon, parce que c’est à moi qui suis en deuil de faire l’effort, encore ?

Ce n’est pas ceux qui vont bien qui doivent faire un pas ?

Il y a des jours où je me dis que je ne vais pas m’en sortir. Que je suis dans une spirale descendante et que tout va empirer. Que je vais le détester, qu’on va se quitter, que je vais plonger.

Il y a des jours où j’ai envie de tout envoyer promener.

Il y a des jours où je hais ce qu’est devenue ma vie.

Il y a des jours où j’ai envie de buter Dame Nature. Elle n’existe pas, c’est con.

Mon cœur est en miettes, mon corps ne m’appartient plus.

Putain qu’est ce que je souffre et on me demande de souffrir en silence !

C’est le bordel dans ma vie.

Putain d’infertilité. Putain de pma. Putain de vie.

J’ai 43 ans et je m’enlise dans le chagrin, je sombre dans cette boue immonde du deuil de mon bébé, malgré tous mes efforts.

Trop c’est trop.

Laissez –moi couler.

Je voudrais juste pouvoir me laisser aller.

Publicités

77 réflexions sur “la haine

  1. Moi, ça fait deux ans que ma fille, la soeur jumelle de mon fils, est née sans vie et j’ai l’impression de stagner depuis des mois et des mois. La culpabilité, le manque, la douleur… tout est là, en moi… Ils font partie de moi… Je serais prête à n’importe quoi pour ne plus souffrir… N’importe quoi…

    • Je découvre le drame que tu as vécu. Comme toi, j’ai l’impression que jamais je ne pourrai oublier.Que cela me poursuivra toujours. Et moi , je crois que je resterai sur cette mort, et que je ne pourrai plus jamais porter la vie.Merci d’avoir témoigné ici.

      • Le seul « conseil » que je puisse m’autoriser à te donner, du haut de mon « expérience » un peu plus longue dans le deuil de son bébé, c’est de t’écouter, de rester connectée à tes émotions, de t’auroriser à les vivre, de faire ce dont tu as besoin, qu’importent le jugement et l’incompréhension des autres. Raccroche-toi à ceux qui te soutiennent, à défaut – souvent – de pouvoir te comprendre. L’important, c’est de réussir à accueillir ce que lon vit tel qu’on le vit.
        Quant au chemin à suivre pour aller mieux, c’est à chacun de le trouver. Plus de deux ans après, je le cherche encore. J’en suis seulement à me dire que j’ai envie d’aller mieux, sans savoir comment. Jusqu’à présent, je ne voulais pas aller mieux car j’avais l’impression que ce serait trahir ma fille. Aujourd’hui, je commence tout juste à comprendre qu’il est sans doute possible de rester fidèle à ma fille tout en souffrant un peu moins. Mais je cherche toujours la lueur dans la nuit…

  2. J’ai cette rage en moi, aussi, que je laisse peu sortir. Mais je trouve ça plutôt bien quand elle sort de toi, c’est que tu avances, même si tu n’en as pas trop envie. La tristesse puis la colère.
    Puis l’apaisement, un jour.
    Mais bordel, purée, que c’est légitime, oui, ta douleur et ta haine sont légitimes, elles t’appartiennent et tu n’as pas à les renier ou à les camoufler. Exprime-toi et merde aux autres. Ils ne sont pas toi et ne pourront jamais comprendre.Et si ça ne leur plait pas, qu’ils ne demandent pas si ça va.
    Bisous doux quand même!

    • J’allais mieux, du moins je croyais, mais qu’il est interminable ce tunnel. Du chagrin j’en ai encore à revendre et l’apaisement est encore bien loin. Merci pour tes mots, je me sens moins seule et ici au moins certaines me comprennent.

      • Hélàas, nous sommes nombreuses mais surtout sur les blogs. dans la vraie vie, beaucoup d’incompréhension
        (« Mais, allo, quoi, tu parles encore d’enfant et de bébé et t’as 43 ans, et t’es plus en PMA, t’es pas passée à autre chose? » « Ben, non, pas encore, non, c’est trop frais…surtout après un si dur combat, non, non, je n’ai pas encore décroché »).
        Montagnes russes aussi, haine, jalousie (moi, jalouse, je déteste ce sentiment, mais je le suis, jalouse, envieuse, et mal à l’aise, triste, en colère, la rage, tout ça dedans, ça fait beaucoup. Alors je bouffe et je cours. Et je pleure quand je fais l’amour.
        En fait, il en faut du courage pour tout ça, et parfois, j’ai bien peur d’en manquer…
        Alors je suis en mode autruche, zombie, neutre, rien, de temps en temps, ça repose un tout petit peu.
        Mais ça ne règle pas les problèmes.
        J’espère lire de beaux moments dans ton blog, petit espoir, récit d’une belle vie qui continue, malgré tout, et je t’emboîterai le pas, à moins que ce ne soit toi qui me suive, qui nous suive, nous, les 43-sorties-de-pma-sans-enfant-mais-avec-des-bleus-à-l’âme.

        • J’ai souvent eu l’occasion de penser que je sortirai les bras vides de ce parcours, que je devrai ravaler mon désir d’enfant.Je n’imaginais même pas que je devrai, en plus, devoir faire le deuil d’un bébé. J’espère que tu trouveras la sortie du tunnel, que toutes les deux on reverra un jour la lumière et que le mot bonheur retrouvera aussi un vrai sens.
          J’aimerais bien échanger plus avec toi si tu veux bien, parce que tu n’as pas de blog et que je ne connais pas vraiment ton parcours.
          Si le coeur t’en dit: mamzellefleurenpma@gmail.com.

  3. Je ne pense pas que quelques mots pourront vraiment t’aider, mais sache que je te soutiens, ça doit être tellement horrible de vivre ça… J’espère que la lumière reviendra mais le tunnel est très long… Tu as essayé d’écrire à ton homme pour lui expliquer ce que tu ressens ? Ça peut aider, quand la parole est bloquée.
    Plein de douces pensées ❤

    • Merci d’être encore et toujours là pour me soutenir ma tendre Kalyzpma. Je me sens de plus en plus seule avec ma douleur. Mais toi tu es encore là. Ce texte là je l’ai écris beaucoup pour moi, j’ai conscience qu’il est bien sombre, mais il n’y a que sur mon blog que je peux tout dire.
      Lui écrire, mais je ne sais même plus si j’ai encore envie de lui expliquer, j’ai tellement essayé…
      La blogo ces derniers temps est envahie de nouvelles grossesses et je me sens tellement loin. L’espoir m’a quittée.

      • C’est clair que le quai s’est vidé d’un coup là… Mais je pense que les « looseuses » ne publient plus beaucoup, elles sont tout de même bien présentes mais c’est plus dur d’écrire un article quand on est mal que pour raconter l’évolution d’un bonheur…
        Tu as bien raison de lâcher toute cette noirceur ici, c’est aussi à ça que ça sert nos blogs et ça permet peut-être d’alléger un peu ce poids…
        Je t’envoie du courage et j’espère que ton homme finira par comprendre ta détresse. Déjà ici j’ai eu du mal à faire passer mes pleurs suite à l’échec de FIV 2, je comprends bien le problème… Ils ne sont pas touchés comme nous…

  4. Je suis tellement triste de te lire et les mots ne viennent souvent pas pour réconforter car j’aimerais tellement les trouver pour même que tu aies quelques minutes d’apaisement. Avances comme tu peux, à ton rythme et si tu dois continuer de crier ta douleur et bien fais le sans te préoccuper de ce que les gens penseraient. Actives ton instinct de survie … Prends soin de toi. Je ne commente pas souvent mais ne suis jamais très loin….

  5. Dans quelques jours, cela fera 2 ans que j’ai fait ma 2e fc et j’y pense encore très souvent. Les premiers saignements, la douleur, comment je suis allée enterrer ce que j’ai expulsé au pied d’un lilas 😦
    Tes mots sont tellement justes…
    Plein de douces pensées pour toi et pour ton bébé envolé

    • Je réalise que nous sommes très nombreuses par ici à a avoir vécu un tel drame.Et que cela marque notre chair à vie.Je n’oublierai jamais, j’apprends à vivre avec cette absence. Ton parcours s’est -il bien fini?

    • La nature est bien faite (parfois) et je ne sais comment j’ai commencé à émerger de cette noirceur. Je me surprends à chantonner en voiture quand une musique est gaie, à regarder mon fils avec un amour encore plus grand, à voir mon homme sous un autre jour et à savourer de toutes petites choses. Reste la reprise du boulot à temps plein qui va être un vrai challenge, mais me fera retourner dans le vie ordinaire des vivants.

  6. Triste de lire ces mots, mais que tu as raison de les écrire, de crier. Je ne sais quoi te dire pour t’aider. Juste que je suis la, je te lis. Et quand on te demande si ça va, tu peux répondre non…. Si ça dérange tant pis….. Bises

    • Tu as raison, je vais m’autoriser parfois à répondre « non ça ne va pas, mais ça ira mieux un jour ou l’autre ». Je remonte la pente et j’entrevois un peu de bonheur tout au bout du tunnel là-bas. Bises

  7. Triste de te lire dans cet état. Mais pas étonnée. C’est encore tellement frais cette épreuve. Je ne comprends pas que les gens puissent penser qu’on peut aller mieux en quelques semaines après ça. Et parfois on se sent tellement en prison et prête à exploser dans son propre corps. Je t’embrasse bien fort.

    • Je suis plus désincarnée qu’emprisonnée. Je n’arrive pas à revenir vraiment dans mon corps et dans ma vie. Je me sens physiquement très désunie. Mais le temps m’aidera je le sais et vous toutes. Bisous

  8. Ton article me touche beaucoup Mamzelle : tant de douleur, tant de peine et d’incompréhension… Que c’est dur en plus quand ton homme ne se met pas à notre portée, ne comprend pas (ou ne veut pas comprendre) à quel point tu es mal, à quel point tu as mal.
    Je ne veux pas faire ma psy, mais je crois que ce qu’il ressort de ton article est que tu as plusieurs deuils à gérer : deuil de ton bébé, deuil d’une vie de famille 4, deuil d’une nouvelle grossesse. Et tout cela fait beaucoup pour une seule personne qui se sent bien seule.
    Alors si je peux me permettre de te donner un conseil, ce serait d’aller voir une psychologue ou tout autre personne extérieure qui prendra le temps de t’écouter, qui écoutera ton mal être et qui le comprendra surtout. Comme tu le sais, mes bébés se sont envolés et je me croyais forte, capable de surmonter mon chagrin. Mais voir une psy m’a permis d’évacuer toute la souffrance que j’avais accumulé durant de longues semaines.
    Je n’aime pas trop donner des conseils et j’espère que tu ne le prendras pas mal, mais je souhaite juste te faire part de mon vécu, de comment j’ai pu faire face à l’horreur.
    Bon courage à toi Mamzelle, je t’envoie tout mon soutien et donnes-nous de tes nouvelles.
    Bises

    • Je ne suis pas du tout fâchée de tes conseils, bien au contraire. Je vois une psychiatre depuis ce drame. Enfin je l’ai vue 2 fois et j’y retourne bientôt. J’attends que ma merveilleuse et très efficace psychologue revienne de congés mater…
      Ton expérience bien triste me donne espoir de réussir un jour à surmonter tout ça. De gros bisous

      • Oui on surmonte, sans trop savoir comment mais on y arrive. Je suis rassurée que tu n’aies pas mal pris mon message et surtout que tu voies quelqu’un. Vivement que ta psychologue revienne, c’est important de se sentir en confiance pour parler plus librement. Accroches-toi Mamzelle et bon courage à toi.
        Des bisous !

  9. Ne souffre pas en silence… n’aie surtout pas honte de lâcher ta colère, ta haine…
    La maladresse de certaines personnes est inévitable malheureusement…
    Accroche toi aux mains tendues… tu n’es pas seule.
    Plein de pensées
    Bises

  10. Je n’ai pas les mots pour apaiser ta douleur et ta colère. Mais saches que je suis là, à tes côtés. Gros câlins et douces pensées pour ta petite étoile partie bien trop tôt.

  11. Qu’il est poignant ce texte. Je pense souvent à Carotte, à ces filles aux fc multiples…Quelles douleurs, comment survivre à cela ? Et Zabou, Seigneur, ce qu’elle vit dépasse l’entendement. Alors, vide ton sac avec nous Mam’zelle Fleur, on ne sait pas toujours quoi dire mais on t’écoute 💜

    • Oh Zabou j’ai souvent pensé à elle depuis mon drame. A Carotte aussi qui se fait bien discrète. A bien d’autres qui ont eu de multiples FC. Merci d’être là pour me lire. Mes écrits ne sont pas réjouissants et je me dis que mon parcours doit en effrayer plus d’une. Bisous

  12. Y’a de quoi avoir la haine Mamzelle Fleur… On l’aurait toutes dans ta situation. Il faut que ça sorte… par l’écriture, par le cri, etc… je ne peux que t’envoyer du courage et des câlins pour te réconforter ! Gros bisous

  13. Je voudrais vraiment, là maintenant, pouvoir te serrer fort dans mes bras pour accueillir toute cette douleur, te dire de te laisser aller… Parce qu’il va falloir que ça sorte ma belle, cette tristesse, cette rage…
    Des bisous

  14. Je n’ose même pas imaginer ce que tu traverses… Tu as raison de cracher ta colère ici. Il faut évacuer toute cette haine. Hurler, casser, ne pas faire semblant, en vouloir aux présents et aux absents. Je pense quand même à ton chéri, qui réagit mal et maladroitement, mais qui a perdu son enfant lui aussi et qui doit avoir l’impression de te perdre aussi. Envoie les autres se faire foutre mais essaie de lui dire à lui ce que tu ressens. Parce que visiblement il ne comprend pas ou est désarmé face à ça. Ne l’isole pas de ton chagrin, ne le rends pas responsable, tends lui la main entière plutôt que ton majeur, va te réfugier dans ses bras. Tous nos bras virtuels s’ouvrent à toi mais au quotidien, c’est de la chaleur des siens dont tu as besoin. Bon courage petite fleur. On t’aime fort.

    • C’est vrai. Lui je ne le ménage pas. Mais ce we on s’est un peu retrouvés. Et j’ai pensé à ce que tu avais écrit.Qu’il a été bien marqué aussi mais j’ai tendance l’oublier. Et d’ailleurs lui a bien plus de crainte de me perdre moi que de ne pas avoir d’enfant. Heureusement que vous êtes là pour me remettre un peu d’ordre dans les idées et un peu de raison.Bisous

      • Oh ma Fleur… J’ai eu si peur de te blesser… D’être trop brusque. J’ai tellement hésité avant d’écrire ces mots. J’ai été si triste en te te lisant si bouleversée que j’ai choisi de te parler comme à une amie. Que j’aurais consolée mais replacée dans les bras de l’homme de sa vie. Je suis contente de savoir que vous vous êtes rapprochés. Il faudra beaucoup de temps. Mais ça reviendra. Et que c’est beau que tu sois son indispensable. Son essentiel. Bientôt je te le souhaite tu devras dans son cœur partager la place… Des baisers, forts.

  15. Coucou ma jolie Fleur. Ta haine, elle est bien légitime… Personne ne devrait vivre tout cela. J’espère bien fort que des jours meilleurs se profilent à l’horizon. Je pense bien à toi ❤

  16. Je suis de tout cœur avec toi et te soutiens plus que jamais. N’hésite pas à faire sortir toute cette haine ici, sur la blogo. A nous toutes, on peut t’aider à avancer avec ce fardeau. L’union fait la force non ? Grosses bises

  17. Je suis bien d’accord avec Mamz’elle Bulle, continue d’écrire ici si ça peut te soulager un peu et ne te censure pas… On est avec toi et te soutenons à notre petite échelle. Bon courage pour surmonter tout ça. Je t’embrasse fort.

  18. Je me suis reconnue dans tes mots. Ce sentiment de solitude dans la douleur est tellement difficile à gérer. Je ne sais que te dire à part de souhaiter plein de courage et de trouver le chemin vers l’apaisement.
    Bisous.
    Lily.

  19. Je reconnais ma propre colère dans ton texte. Celle que j’ai essayé de vaincre mais qui est toujours là, tapie dans l’ombre et prête à resurgir. Celle qui a grandi au fil des semaines quand j’ai vu que peu de mains se tendaient, que les gens passaient à autre chose en me demandant d’en faire de même alors que non ce n’est pas quelque chose qu’on surmonte comme une simple blessure physique. Mais celle qui finit par s’apaiser malgré tout et à relâcher son étaux. Je t’embrasse très fort ❤

    • Notre société se construit de plus en plus sur l’individualisme. L’égoïsme est presque glorifié. J’avoue que j’aurais sûrement du mal à pardonner à certains leur long silence. Mais, malgré le soutien de tous les autres, de vous toutes m’a permis de sortir un peu la tête de l’eau. Je reprends doucement mon souffle. De gros bisous.

  20. Vraiment désolée que ta souffrance ne soit pas reconnu à sa juste valeur. Pourtant elle est évidement là. On la ressent en te lisant. Bon c’est pas juste nous, ici, on la connait. Donc on n’imagine bien que tu ais besoin de temps. Je sais pas ce qui pourrait t’aider mais je suis convaincue que tu ne dois pas garder ça pour toi. Dis le à tes amis que tu souffres, dis le à ton homme et LAISSE toi le temps et le droit d’avoir mal sans te préoccuper des autres. Courage.

    • J’ai fait un long mail à nos amis pour expliquer ce que je vis depuis 2 ans et demi, pour demander du soutien. ça m’a soulagée d’expliquer pourquoi je suis si souvent absente ou ronchon ou pas très enthousiaste avec leurs enfants. Certains sont sortis du silence, D’autres sont consciencieusement restés dans la passivité…C’est comme ça. Je m’accroche aux mains tendues et je me sens de plus en plus légitime dans ma peine. Bises

      • Suis contente que tu ais trouvé une solution pour vivre mieux ta peine. Ceux qui restent coincé malgré ta main tendue méritent que tu prennes du recul. je ne dis pas qu’il ne faut plus les voir. Il faut peut être juste accepté que ce sont des bons copains pas des amis… Moi, je me dis tjs (depuis peu) que cela ne mérite pas que je me rende malade. Je continuerai à les voir et à partager des choses mais rien de fondamental pour moi et c’est tout aussi bien. On peut aussi vivre des moments agréables avec des personnes qui ne sont pas très proches.
        j’espère que tu vas de mieux en mieux en tout cas. bises

    • Merci. Je pense souvent à toi et à des 2 petits bouts. J’espère qu’ils vont bien. Quant à moi je ne pensais pas vivre tant d’horreurs en pma et je crois que j’arrive au bout de ce que je peux endurer.Ma priorité maintenant c’est me retaper et m’occuper de moi, il est grand temps.

      • tu as raison, prend bien soin de toi, je t’envoie plein de courage pour te relever. Quand on est au fond du trou, on se dit que tout est perdu, qu’on ne sera plus jamais heureuse, et puis un jour on reprend des forces, le soleil réapparait, même timidement, et la vie reprend le dessus… Que la force soit avec toi, courage courage…

  21. Je n’ai pas vécu le drame que tu as vécu, mais je pense pouvoir imaginer, au moins en partie, ce que tu ressens. Cette haine.

    Tout cela est éprouvant, et profondément injuste. C’est normal d’avoir la rage. Fais-toi aider, parle, parle et parle encore…ne t’isole pas. On est là pour te lire, t’écouter, et même si notre présence à toutes est « virtuelle », elle n’en est pas moins sincère.

      • Oui Mamzellefleur, j’y suis allée, j’en suis revenue il y a une semaine maintenant, et tout s’est merveilleusement bien passé (même si nous ne connaissons pas encore le dénouement des évènements)…un autre monde. Je viendrai bientôt mettre des mots sur tout ça sur mon blog 🙂

  22. Tu me dis si je me trompe, mais j’ai l’impression que cette violence sert également à t’éviter de te noyer dans ton chagrin, et que cette brutalité dont tu fais preuves te protège pour ne pas souffrir davantage …
    Est-ce que tu as essayé de te défouler à travers une activité sportive ? Sinon, utiliser ton blog pour t’exprimer, c’est bien aussi, car c’est important de s’exprimer sans retenu. Tant que tu en auras besoin, continue, et on va faire de notre mieux pour être à tes côtés ! Bisous

    • La colère est un instinct de survie dans mon cas. Ne pas me laisser enfoncer encore plus. Et c’est une des étapes du deuil aussi. Le sport il faut que je m’y remettre dès que j’aurai plus de forces, ça me fera le plus grand bien. Mais je sors peu à peu de ma bulle. J’espère que tu encaisses peu à peu l’échec de ton transfert. Bises

      • Alors courage, cela doit être très dur de porter toute cette colère en toi. Petit à petit, mettre un pied devant l’autre, chaque chemin est différent, il faut trouver son rythme. Oui, c’est dur cet échec mais j’ai un homme qui relativise pour 2, ça m’aide quand moi je galère. Bisous

  23. Après un parcours pma, j’ai perdu un enfant in utero il y a 5 ans. Même si chaque histoire est différente, je sais à quel point cette épreuve est difficile et à quel point on a mal, on se sent en colère contre tout, seule et incomprise. C’est bien normal d’avoir la haine, alors lâche toi, crie, tape et pleure quand tu en as besoin … Ici, on t’entend et on t’écoute. Tu n’es pas seule. Même si ton chéri peut paraître maladroit, il est là.
    Ma colère s’est en grande partie apaisée avec le temps, mais le sujet est toujours ultrasensible, comme une cicatrice qui s’est refermée de travers et qui rappelle de temps en temps qu’elle est bien là … Maintenant, je me sens pourtant privilégiée par rapport à bcp d’autres, car certaines parties de ma vie ont avancé, mais n’empêche que je n’arrive pas à me dire que je vais vraiment bien.
    Ne mets pas la barre trop haut, tu es humaine.
    Affectueusement.

    • Déjà merci d’avoir laissé un com. Je ne crois pas avoir jamais vu ton pseudo. As tu un blog? Ton expérience me rassure un peu car je vois qu’il est possible de vivre avec cette perte même si la cicatrice restera. As tu finalement réussi à avoir un enfant?

      • Je n’ai pas de blog, mais je passe bcp de temps sur internet. Sur nospetitsangesauparadis, et je lis bcp de blogs. Et des amies proches ont eu des pbs egalement, donc j’ai pu en parler avec elles.
        Apres quelques mesaventures pmesques (a se demander si j’ai autant de vies que mon chat…), un proces avec la clinique qui a merde pour mon premier bebe, j’ai finalement réussi à avoir un autre enfant, et je vais etre declenchee pour mon troisieme dans une semaine. Le pb qui m’est arrive ne s’est pas reproduit.
        Professionnellement j’ai du mettre ma carriere en stand by (mise au placard par ma boite …), du coup je me sens bcp plus isolee et vulnerable. En arret maladie depuis un moment, je suis passee par des gros gros coups de blues. Je suis bien entouree medicalement, mais je sais qu’on est pas a l’abri de tout. Mes larmes ont coule pour celles sur qui le sort s’est acharne, et a chaque fois on replonge dans les souvenirs… si seulement cette douleur pouvait soulager celle des autres …
        Le bebe qui arrive est de meme sexe que le premier et je n’arrive pas a trouver un prenom … Je suis epuisee d’avoir rencontre tous ces obstacles et j’ai hate de tourner la page « uterus en chantier ». Pour me relever une bonne fois pour toutes ! avec mes cicatrices !

N'hésite pas, laisse-moi un ptit mot

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s