Celle qui s’effondrait

Après 2  jours où finalement je me trouvais drôlement forte, c’est le retour des grandes eaux.

Depuis hier soir, je ne suis que larmes et sanglots. Un rien me touche, une musique, un mot, une pensée. Je suis à vif.

Tout comme mon corps. J’ai bien plus mal qu’au début et je n’en finis pas de saigner. Mon bas-ventre est déchiré, il faut dire qu’il a été tellement malmené depuis bientôt 2 ans. Ma tête me fait terriblement mal et je sens que la migraine va bientôt pointer son nez. Pour combien de jours cette fois-ci ?

J’avais réussi à ne pas m’apitoyer. Vendredi j’avais contacté mon acupuncteur, rappelé mon gynéco (je n’avais pas de rdv de contrôle prévu), mailé par psy qui est en congé maternité (elle avait dit qu’elle se rendrait disponible si j’en avais besoin), appelé une psychiatre pour tout de suite et même essayé de négocier à mon boulot de faire ma formation sur mon arrêt de travail. Samedi j’étais sortie un peu et m’étais offert de jolies chaussures. Et hier j’avais commencé un chantier peinture chez moi (un échec =une pièce de la maison, car il faudra bien la finir un jour)

Mais hier soir le chagrin m’a rattrapé. Pourquoi moi?  Nous sommes plusieurs sur la blogo à avoir démarré une grossesse ces derniers mois, pour toutes les autres le bonheur est là, alors pourquoi pas pour moi? Je pensais sortir de pma et avoir un bébé, je récupère toutes mes incertitudes sur l’avenir. Retour à la case départ.

2 mois et demi d’inquiétudes, de nausées, de fatigue pour rien. Je n’ai même pas savouré ce bout de grossesse. Si, une semaine. L’ironie, c’est que cette dernière semaine-là mon bébé était sûrement déjà mort….

Tellement de projets viennent de s’écrouler.Et rien ne sera plus jamais comme avant. Nous avons perdu notre bébé.

Je suis épuisée de ce combat, terrifiée de la suite quelle qu’elle soit. Arrêter et ne jamais avoir d’enfant ensemble. Continuer et souffrir encore. Continuer, vivre une autre grossesse dans l’angoisse pour vivre peut être une 3 ème FC. Parce qu’au fond, pourquoi ça marcherait? Vous en connaissez beaucoup vous des femmes qui ont eu 3 TEC d’affilée avec un positif à la clef ? Moi non. Par contre 3 FC à suivre oui.

Il y a 4 jours je me croyais enceinte, aujourd’hui mon corps est vide, ma tête est en vrac et mon coeur brisé.Je me sens glisser vers la noirceur sans pouvoir freiner ma chute.

Réveillez-moi,c’est un cauchemar.

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58 réflexions sur “Celle qui s’effondrait

  1. Personne ne peut avoir les mots justes pour estomper ta douleur et ta peine. Malheureusement je pense que cette étape d’effondrement est nécessaire pour digérer cet épisode terrible de votre parcours. C’est déjà super bien d’avoir eu le courage d’appeler ta psy et ton acu, d’être sortie, de t’être fait plaisir, aussi futile ce plaisir soit-il, de te chouchouter par des petites choses simples du quotidien et surtout d’être entourée. Ne te force pas à aller vers les autres et à aller bosser si tu ne t’en sens pas la force. Ne culpabilise pas. Prends le temps de vivre ta peine et de crier ta douleur. Mes mots sont vains mais c’est comme ça que j’ai ressenti les choses lorsque nous avons perdu notre bébé. Je pense que l’étape du chagrin est nécessaire pour envisager la suite. Je t’envoie plein de bisous et de pensées réconfortantes.
    Choublanc

    • Comme tes mots sonnent juste à mes oreilles. Je vais essayer de plus m’écouter car, au fond, je sais ce dont j’ai besoin.Mon chagrin est légitime, je dois cesser de ma culpabiliser. Merci pour ton aide.Bises

        • J’ai arrêté de m’agiter en tout sens, mais je me sens profondément triste. Je n’ai pas goût à grand-chose et je ne parle presque plus. Ce vide immense me remplit presque toute entière et je lutte pour raviver le peu d’étincelle de vie qu’il me reste avec mes 2 hommes.Certains croient que je me laisse aller, alors qu’ils n’imaginent pas l’énergie que je déploie pour ne pas sombrer. C’est un combat de tous les instants. Je me couche le soir épuisée et mes nuits me laissent peu de répit, car je cauchemarde nuit après nuit. Mais je me lève chaque matin en espérant que ma peine sera moins lourde.

          • Rien ni personne ne pourra combler ce vide. Peu importe ce que les autres pensent. Personne n’est à ta place et ne comprend l’intensité d’une telle douleur. Peut être te reste-t-il un peu d’énergie pour parler, verbaliser ta douleur avec un psy ou bien un médecin de famille, si tu es proche du tien. Parler me faisait du bien. J’ai aussi passé pas mal de temps à bricoler: peinture, jardinage…Tout ce qui pourra occuper un peu ton esprit. Ne te met pas la pression. Si tu as besoin de temps pour pleurer, fais le. Si tu as besoin de temps seule, prends ce temps là. Je t’envoie plein de bisous

  2. Choublanc a eu les mots justes, vous avez tellement le droit d’être en colère…Je ne peux que vous envoyer beaucoup de courage, de soutien pour ce moment si difficile…

    • En fait , pour moi c’est très différent de ma FC d’avril à 5 SA. Cette fois-ci, j’ai perdu un bébé. Ce n’est pas juste un échec de Fiv, c’est bien plus. Savoir qu’on pense à moi, qu’on a de l’empathie à mon égard, qu’on reconnaît ma douleur, c’est déjà énorme. Alors merci de tes pensées.

      • J’ai ressenti la même chose à ma dernière FC. Les autres avaient été très précoces, ça avait été plus « simple » de s’en remettre. Là, la gynéco a détecté la grossesse non évolutive à 10 SA (arrêt de la grossesse estimé à 6 SA), ça avait été un choc énorme car comme toi, je n’avais aucun signe qui aurait pu nous avertir de cette issue.
        La douleur est bien normale, même si parfois l’entourage voudrait nous voir aller mieux de suite. Je n’ai commencé à remonter la pente qu’après le retour des beta Hcg à 0 soit plus d’un mois après l’aspiration.
        Tu sais quand tu auras les résultats de ton bilan FC ?

        • Tu as donc vécu la même tragédie que moi…Je me souviendrai toute ma vie de cette écho du premier trimestre qui aurait dû être un immense bonheur et qui a viré au cauchemar. Je revois mon gynéco jeudi. Je n’ai pas encore fait d’analyse sanguine et l’analyse des « restes » je ne sais pas combien de temps ça prend. Je ne sais même pas s’il est prévu de contrôle les beta.

          • Ma gynéco m’en avait donné une prise de sang de contrôle et j’ai payé de ma poche la dernière car ils n’étaient toujours pas à 0 à ce moment-là. Moi non plus je n’oublierai jamais. Pour couronner le tout, j’avais fait une hémorragie sous Cyt*tec, d’où l’aspiration en pleine nuit aux urgences. L’impact s’est fait sentir tout au long de cette grossesse. Je mesure ma chance de pouvoir la vivre même si tout n’a pas été rose. Je te souhaite d’avoir ce bonheur même si tu n’as pas encore décidé de la suite que tu donneras à ton parcours.

            • Je sais que malheureusement avec 5 échecs dont 2 FC, il me reste bien peu d’espoir que tout cela se finisse par un grand bonheur. Je sortirai certainement de pma le ventre vide et mon homme ne sera jamais père.

  3. Ca me fait tellement mal pour vous… Comme les autres j’aimerais pouvoir faire tellement plus mais je t’embrasse déjà très fort. Tout le monde ici pense très fort à toi, tiens bon ❤

    • Chaque attention, chaque message me garde un peu la tête hors de l’eau. Je vais sûrement tomber, mais je me relèverai un jour, parce que la vie peut être belle aussi, parce que j’ai un homme à mes côtés, parce que j’ai un fils merveilleux.

  4. Je ne peux que t’envoyer des baisers et du réconfort. C’est normal d’avoir mal surtout après ce que tu viens de vivre. Je sais que tu n’as pas beaucoup de temps mais laisse toi tout de même quelques jours pour remonter à la surface et envisager la suite.
    Je t’embrasse fort.

  5. L’injustice de la PMA n’est pas quelque chose de facile à encaisser. Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait ? Et bien rien et c’est ce qui est justement le plus difficile à digérer. Je comprends qu’aujourd’hui une grossesse sera une source d’angoisse et de peur et ce sera à discuter avec ton gynéco et ton compagnon et vous seuls avez la réponse.
    C’est dur ce que tu traverses mamzelle, c’est éprouvant et c’est déjà faire preuve de beaucoup de volonté de vouloir prendre soin de soi, de ne pas se laisser abattre. Même si tu pleures, ce n’est pas une preuve de faiblesse, mais c’est évacuer toute la souffrance que tu as gardé en toi. Alors continues à prendre soin de toi, prends tout le temps qu’il te faut pour te relever de cette épreuve.
    Bon courage à toi… Bisous

  6. C’est normal de t’effondre.. Après les fausses couches, j’ai toujours eu ce sentiment d’alternance.. Un coup on se sent forte, on a l’impression qu’on surmontera cette épreuve sans problème, puis on s’écroule, et on ne voit plus l’issue.. Mais au delà des nuages, il y a toujours de la lumière, il ne faut pas laisser les doutes la cacher et ce n’est vraiment pas simple.. Je pense à toi et te souhaite beaucoup de courage mais surtout beaucoup d’amour surmonter tout cela ❤

    • Comme ça me rassure ce que tu m’écris. La psy m’a dit que j’avais fait une « dissociation » , c’est pour ça que ce we j’avais la sensation d’encaisser. Elle a affirmé haut et fort que c’était une épreuve terrible, que j’avais perdu un bébé et que je devais m’écouter. Me sentir légitime dans mon chagrin, c’est déjà un premier pas vers l’acceptation et le deuil. Merci de ton soutien

  7. Voir les autre avance et rester sur le cotes quelle terrible sensation, celle que Jai en ce moment… Les fausses couches sont destructrice, je « fête » l’anniversaire de la mienne dans 10 jours 😞

  8. Ta douleur fait écho dans ma tête. Après mes fausses couches je me sentais tellement mal que je ne pensais jamais remonter la pente. Il te faut du temps, il te faut les larmes et les cris. Il paraît qu’à chaque jour suffit sa peine… Puisse la tienne être la plus courte possible. Tu as raison de rencontrer une psy, j’ai toujours le regret de ne pas l’avoir fait. Prends soin de toi avant tout. Je t’envoie de douces pensées….

    • C’est ça, il va falloir vomir ce chagrin et il va falloir du temps. La psy m’a légitimée dans mon chagrin, ce qui n’est pas rien. Mon homme voudrait que je sois déjà passée à autre chose, mais il va devoir accepter que je ne peux pas. C’est un vrai deuil, je songe d’ailleurs à faire un acte symbolique pour ce bébé. Si la déclaration de grossesse avait été faite et qu’il était mort après cette écho, tout le monde reconnaîtrait que c’est une mort, j’aurai des droits maternité et surtout mon chagrin serait légitime. A 13 sa, il fait croire que, pour la plupart des gens, ce n’est rien, juste un loupé…

  9. Je crains que personne ne puisse avoir les mots pour te réconforter, que seul le temps et l’amour puissent apaiser ta douleur, tant physique que psychologique. Tout ceci est tellement injuste, inexplicable et triste. Sache qu’on est là, qu’on te soutient tellement dans cette douloureuse étape. Je t’embrasse fort

    • Merci de tenter de me réconforter. Savoure ton bonheur, car avec la blogo, tu vois bien que beaucoup de drames se jouent et qu’il n’y a pas toujours un bébé au bout du chemin, quels que soient les efforts faits et les épreuves subies. Bises

      • Bien que je savoure chaque jour le bonheur et la chance immense de vivre cette grossesse, je ne peux tourner la page d’un parcours douloureux et surtout pas vous oublier vous qui souffrez. L’injustice fait tellement mal quelle donne envie de hurler. Je suis de tout cœur avec toi, le plus sincèrement du monde

        • il s’est effondré,car il croyait voir son futur enfant à l’écho et avait déjà fait plein de projet. Mais 2 jours après il a repris sa « routine ». Il n’est pas du genre à s’appesantir. Il se protège beaucoup.Mais ça le rend vite intolérant aux larmes, et cela nous éloigne inévitablement, car nous ne vivons pas ce deuil de la même façon.Pour lui je perds mon temps avec ce chagrin, quand moi j’essaye de lui expliquer que justement du temps j’en ai besoin.

          • C’est tellement difficile… 😦 Avec en plus ces différences dans les réactions à l’intérieur du couple, il faut être fort pour tenir le coup… Je ne sais pas comment t’aider mais sache que toutes nos pensées vont vers vous ❤

  10. Chère Fleur, ton ressenti est normal et tellement douloureux. Je comprends tes doutes et tes questionnements. Essaie de te laisser un peu de temps, prends bien soin de toi surtout. Des bises

    • Je vais le prendre ce temps et je vais essayer de prendre soin de moi au lieu de m’épuiser à m’agiter en tout sens à bricoler pour tromper ma douleur. Mon corps est douloureux et je tiens à peine debout. Bises

  11. Oui ton chagrin est légitime, prend le temps qu’il faut pour pleurer ce bébé perdu. La psy que j’avais vu m’avait dit que pleurer était un anti-dépresseur naturel du corps, du coup je « culpabilisais » nettement moins de me laisser aller après. Prend le temps qu’il te faut, nous sommes là, bisous

      • J’avais fait cette séance avec mon chéri, et du coup il avait compris et ne m’avait plu demandé d’arrêter de pleurer, il a compris qu’il ne pouvait rien y faire à part juste m’ouvrir ses bras…

  12. Câlins tous doux Mam’zelle Fleur ! Je fais partie de celles qui ont pris le train et qui en sont descendus avec un bébé mais ta douleur raisonne en moi… 2 fc précoce… pour moi c’était déjà des bébés ! Et j’ai été comme toi, à un moment forte et l’instant d’après liquéfiée… Les filles ont tout dit, à chaque jour suffit sa peine ! Prend le temps de prendre le temps… prends soin de toi, prenez soin de vous… je t’embrasse bien fort !

  13. Mamzelle Fleur, je t’envoie plein de doux câlins pour adoucir ces moments difficiles que tu vis là. Ce qui est certain c’est que tu ne dois pas culpabiliser de cette fc. Ce n’est pas ta faute. Ne culpabilise pas d’aller mal et de pleurer. Autorise toi ton chagrin. J’espère qu’extérioriser tout ça t’aidera à remonter la pente petit à petit. Je t’embrasse

  14. On le sait, la vie est injuste. Mais c’est pas par ce qu’on le sait qu’on l’accepte.
    Tu as vécu, tu vis j’en épreuve très difficile. C’est pas seulement un bébé que tu as perdu mais aussi une vie avec cet enfant, les projets que tu n’avais pas pu t’empêcher, même prudemment, d’envisager avec ce bébé puis cet enfant… Renoncer à ça, accepter que ça t’ai été arraché ça ne sera pas facile. Mais même si tu te sens faible, ce que je connais de toi à travers tes écrits me fait penser que tu y arriveras. Tu ne seras plus tout à fait la même et peut être pas complètement différente… Tu auras cette cicatrice en plus. Elle sera toujours là mais tu apprendras à « vivre avec ».
    Pleure si ça t’aide, qu’importe ce qu’en pense les autres.
    Et hésite pas à avoir un « rituel » d’adieu, pour ce petit être dont tu as été la maman, même si peu de temps.
    Que ce soit un arbre ou un plante que tu ferais pousser en sa me mémoire, une lettre que tu lui écrirais et que tu brûlerais ensuite « pour qu’elle le rejoigne » ou tout autre geste qui pour toi aurait du sens.
    Le travail de deuil peut être long et l’occulter derrière un rideau est plus nocif qu’autre chose.

    J’espère ne pas être maladroite dans mes propos. Je t’embrasse bien fort.

    • Quelle sagesse dans tes propos. C’est vrai qu’il y a ce bébé, mais aussi tous les projets auxquels il faut renoncer. Merci de me dire que j’y arriverai, j’ai traversé mille épreuves dans ma vie, pas que la pma, et c’est vrai que je me suis toujours relevé. Au fond de moi je sais que j’y arriverai. Merci d’avoir rallumé cette étincelle. Un rituel d’adieu, j’y songeais, et la psy m’en a parlé aussi. Je crois que j’en ai besoin. Je croise pour toi, que la chance soit au rdv. Bisous

  15. Une FC c’est une telle épreuve. Je rejoins les autres messages. Tu as le droit d’être triste, d’en vouloir à la vie et de prendre du temps pour pleurer, remonter cette pente qui parait infranchissable. Le sentiment de solitude face à la réaction des gens qui ‘oublient’, évitent, c’est dur à vivre, je comprends. Mais au vue de tous les messages ici, tu n’es pas seule et on comprend ton immense chagrin. je pense a toi souvent. mes tendres pensées t »accompagnent.
    bises

  16. Je n’ai jamais été enceinte, je ne suis même pas sûre d’avoir déjà ovulé un jour… Mais j’ai une copine qui a eu 3, ou peut-être même 4 FC. Dont une juste avant terme (désolée, ça, c’est pas encourageant…). Mais elle a persévéré. Et aujourd’hui, elle a un adorable petit garçon de 1 an, en pleine forme. je crois qu’elle ne voudra plus essayer de retomber enceinte. Trop de peurs, de souffrances. Mais elle est maman, son rêve s’est réalisé.
    Tout ça pour dire que si tu continues, oui, tu risques de devoir passer d’autres épreuves, tout aussi éprouvantes, voire plus. Mais… Tu risques aussi de trouver le bonheur… 🙂

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