c’est fini

17h: on attend plein d’espoir notre rdv. Mon homme m’avoue espérer pouvoir connaître le sexe de notre futur enfant.

17h10: notre vie bascule.On ne parle plus d’avenir mais de mort.

18h: mon gynéco nous reçoit et me demande de choisir entre le cytotec et le curetage. Je suis incapable de choisir, tout va trop vite. Nous sommes en larmes mon homme et moi. Nous discutons pour le gynéco dit qu’il faut en finir au plus vite, ne pas me laisser comme ça. Il propose le curetage, moins douloureux et dès le lendemain. Ensuite labo, pharmacie.

19h30 : mon fils nous attend à la maison depuis 3h. Nous essayons de nous recomposer figure humaine et nous expliquons aussi calmement qu possible pourquoi moi et son beau-père sommes si tristes. Il écoute sagement puis dit « alors je n’aurai jamais de petit frère? » Nouveau coup de poignard dans notre coeur. Nous qui rêvions de lui annoncer la venue de ce bébé, nous lui avons servi une nouvelle bien laide.On commande des pizzas pour lui faire un peu plaisir et on mange sans plaisir ni faim, pour lui, pour lui montrer qu’on tient encore debout. Préparer ses affaires aussi pour demain, lui expliquer qu’on va partir tôt.

20h30 : je préviens les quelques personnes qui sont au courant, plus mon boulot et je prends mécaniquement  ma douche à la bétadine. Comme une condamnée. Cette odeur réveille tous mes mauvais souvenirs.J’en suis à 6 AG. Je suis à bout. Je ne veux pas y aller.Mon homme téléphone à sa famille, en pleurant.

21h : J’essaye de me coucher, mais l’angoisse monte, la colère aussi. Je pense à tout ce que je ne ferai pas, à tous ses projets qui viennent de s’envoler en fumée. A ces 3 naissances que je vais encore devoir affronter le ventre vide, à cette réunion de famille où il y aura une cousine enceinte, à mon boulot que je vais devoir continuer à gérer , à cet arrêt qui me prive d’une formation que j’attends depuis 2 ans.. Tout en vrac . Et surtout à mon corps stérile qui tue nos embryons,à ce reste de bébé mort dans mon ventre,  à mon homme démoli comme jamais. Et je flanche, je sanglote une bonne partie de la nuit.Je frappe ce ventre que je maudis. Mon fils aussi se réveille. Un cauchemar où un homme le tuait avec un sabre…

8h: Nous sommes à la clinique et je ne suis que larmes jusqu’au bloc, jusqu’à ce qu’ils m’endorment. J’ai envie de hurler. J’ai peur, je ne veux pas vivre ça, mais je n’ai pas le choix.

La suite: le réveil difficile, les douleurs, le sang qui coule par terre.Je suis maintenant dans la case des fausse -couches à répétition.

Voilà c’est fini.

Nous n’aurons pas cet enfant. Nous avons encore franchi un degré dans l’échelle de la douleur, de l’atroce, de l’insupportable.

Hier j’étais enceinte. Aujourd’hui, je suis vide, j’ai mal, on a mal, mon fils est inquiet et moi je me demande bien pourquoi le sort s’acharne.

Merci pour votre soutien. Je n’ai pas la force de vous répondre une à une ( ou un à un).

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47 réflexions sur “c’est fini

  1. Je n’ai pas de mots pour aténuer ta peine. Je suis tellement désolée de savoir que vous êtes en plein cauchemar, tes mots me bouleversent.
    Je pense fort à toi, à vous.

  2. J’ai le cœur serré et les larmes aux yeux en lisant ton post…malgré tout, je pense que le curetage était la « meilleure » option car le cytotec ne fonctionne pas toujours (3 « cures » et 3 semaines d’attente dans mon cas pour finir par une intervention)
    Il va vous falloir du temps mais j’espère que le pire est derrière vous et qu’ils trouveront une cause à ces FC répétées. Courage et je t’envoie bcp de réconfort. Bisous

    • oui le curetage était la meilleure option. Psychologiquement surtout. Mon gynéco sait tout ce que j’ai traversé et il voulait qu’on puisse en finir vite. Il ne me voyait pas subir la FC seule chez moi et risquer une hémorragie (je fais souvent des complications).Quant à trouver une cause, le temps va manquer. Il propose un bilan sanguin de FC mais de toute façon je ne peux plus faire de fiv, du fait de mes 43 ans révolus.Merci pour ton aide

      • Je pense beaucoup à toi depuis hier et j’espère que tu vas pouvoir te remettre physiquement assez vite de ce que tu viens de vivre. Pour le reste, ça risque d’être plus long… C’est pour l’instant un peu tôt pour en parler, mais après 43 ans, les fiv restent heureusement possibles à l’étranger, même avec nos propres gamètes. Si tu as envie d’y réfléchir, ma clinique en Tchéquie est très sérieuse, tu pourras me demander les infos que tu veux dans quelque temps, n’hésite pas. Je t’envoie plein de courage et t’embrasse très fort Mamzelle Fleur ❤️

            • Avec nos gamètes je ne suis pas sûre que ça changerait la donne. Apparemment le problème est soit embryonnaire (anomalies chromosomiques) soit immunitaire ou hormonale ( mon corps ne fait pas ce qu’il faut). Pour une FIV avec DPI, il faudrait refaire des tonnes d’examen et si ça vient de moi, apparemment il n’y a pas trop de solution. Avec un don, il l’exclut totalement. De plus, oui le coût financier est certain et enfin mon homme est à son compte et il ne peut pas se permettre de prendre x jours à répétition. Et puis j’avance à grand pas vers les 44 ans, ça devient plus raisonnable. Je crois que malheureusement nous allons devoir accepter notre triste sort.

  3. Te lire me fait bcp de peine. J’aimerais savoir alléger ta douleur. Mais je ne sais pas, ce serait trop simple…
    Je sais qu’il va te falloir du temps pour remonter la pente, préserves toi au maximum de tout pendant ces instants là.
    Je t’envoie toute la force possible et encore toutes mes pensées.

  4. Que c’est dur ce que tu vis, difficile d’écrire un mot de soutien. Je suis très touchée par ton fiston. Seul le temps vous permettra d’envisager d’autres solutions. Mais aujourd’hui, c’est trop tôt. Bon courage, des bises de réconfort

    • mon fils est un être très sensible, qui a mûri bien vite avec l’abandon de son papa. Il doit accepter aujourd’hui en plus l’alcoolisme de ce dernier et le fait que je vais limiter ses visites pour le protéger. L’annonce d’une naissance à venir, il en aurait tellement eu besoin lui aussi ! Ce soir, il est rentré tout penaud de l’école, s’est approché de moi en douceur et m’a timidement demandé « maman ça va?  » en regardant mon ventre…Pourquoi doit-il lui aussi subir tout ça??

  5. Tout ne peut être que noir là tout de suite… il va vous falloir du temps pour faire le deuil de votre petit envolé. C’est dur, si dur… Enorme courage à ton conjoint, toi et ton fils. Des énormes bises de soutien (même si je sais bien que ca ne changera rien à ta douleur…)

  6. Tu ne méritais tellement pas ça… Non non rien n’est fichu, rien ne doit être abandonné. Si tu as besoin de parler ou d’infos concernant les fc à répétition n’hésite pas je suis la… Le curetage était une bonne décision. Repose toi, grosse pensée

    • oh oui j’ai besoin d’infos sur les FC à répétition, je vais d’ailleurs sûrement faire un post pour demander des infos à toutes celles qui en ont. Il nous reste 2 embryons, mais avec 2- 3 mois min de pause imposée, ça m’emmène tellement loin. Quand je calcule, je suis effrayée. Je vais avoir 44 ans fin février, je me dis qu’il faut sûrement arrêter, je ne sais plus

  7. Hier quand l’anesth m’a posé le cathéter et a commencé à injecter les produits, j’ai pensé que ça devait être ton cas au même moment. Et je me suis dit au moins ce sommeil artificiel lui laisse un peu de répit dans sa tête…
    Le curetage était la meilleure solution pour que ça aille « vite ».
    Prends le temps de te remettre et ensuite tu pourras réfléchir à l’avenir…

    Bisous

    • oui je sais que c’était la meilleure solution, surtout quand je lis les terribles récits de celles qui ont eu du cytotec. Mon gynéco est très humain et a voulu m’épargner un peu, car il connaît bien mon parcours chargé.c’est vrai que l’AG m’a donnée un peu de répit, mais la douleur est là et le souvenir des ces jours atroces restera dans ma mémoire.Bisous

  8. C’est terrible d’avoir du traverser cette nouvelle épreuve, dans un parcours déjà bien lourd…
    Je te souhaite sincèrement bon courage et espère que tu auras le soutien, l’écoute dont tu (et vous) auras besoin pour affronter cette épreuve.
    De gros bisous de soutien.

    • Aujourd’hui j’ai cherché de l’aide partout. Mon acupuncteur, ma psy (en congé maternité…), une autre psy, mon médecin…Merci d’être là car c’est vrai que mon parcours s’alourdit de jour en jour et j’ai la sensation que c’est de plus en plus violent. Bisous

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