chute

J’aurais voulu vous donner de bonnes nouvelles.

Depuis 2 mois et demi, j’avais mis de côté mon envie d’enfant. J’avais autre chose à gérer.

Le papa de mon fils (duquel je suis séparée depuis 6 ans et demi) est alcoolique, probablement maniaco-depressif. Je bataille depuis des semaines pour trouver de l’aide extérieure, pour l’aider lui à ne pas sombrer et que mon fils garde son papa. J’ai cogité des heures, des nuits pour savoir si je devais ou non saisir un juge. J’ai écouté, temporisé, mesuré les risques, limité les visites de mon fils. J’ai tout assumé, encaissé.

Mardi dernier, j’ai craqué. A force de ne plus vraiment dormir. A force d’en avoir trop lourd sur les épaules.

Mon ventre vide s’est rappelé à moi. Cette incapacité à avoir un enfant avec l’homme que j’aime.

Je me sens punie de mes choix passés. J’ai choisi un homme fragile pour avoir un enfant et je l’ai eu trop vite. J’ai dû l’ élever sans lui, puisqu’il a fui, par incapacité à gérer sa paternité. Et je dois assumer aujourd’hui son alcoolisme et je devrai certainement le faire pendant des années encore. Aujourd’hui, j’ai un homme solide et aimant à mes côtés, qui a su devenir un merveilleux beau-père pour mon fils. J’ai reconstruit une vraie famille, mais nous n’arrivons pas à avoir d’enfant ensemble.

J’avais fait taire ce tic tac harcelant. Il est de nouveau bien là.

10 novembre. Dans moins de 4 mois j’aurai 43 ans. Mon dieu, 43 ans…

Rien n’y fait. Mon ventre reste désespérément éteint et vide.

Dois-je tenter une dernière fiv ? Pourtant ça me fait horreur rien que d’y penser.

Je ne sais plus ce que je dois faire.

J’ai peur. Peur que rien n’arrive. Peur de me tromper de route. Peur de ne pas supporter l’absence de cet enfant. Peur que cela finisse par nous séparer. Peur de ne plus jamais porter la vie.

L’angoisse m’étouffe, les larmes inondent de nouveau mes joues. Je suis en pleine descente.

Où est passée ma légèreté?

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27 réflexions sur “chute

  1. Je suis désolée de te lire si mal. Pourblenpere de ton fils, si je peux t’affirmer une chose, c’est que qu’on ne peut pas aider quelqun qui ne veut pas d’aide. Je comprends ton dilemne parce que tu ne t’epuises pas pour lui mais pour ton fils…
    Peut être que effectivement, la justice pourrait t’aider à le protéger.
    Pour ton questionnement, j’aurais envie de te dire que faire cette fiv ne te laissera au moins aucun remord, et si ça ne fonctionnait pas, peut etre trouverais tu l’envie et les courage d’envisager d’autres options?
    Bisous

    • La justice pourrait aussi briser tout ce que j’ai mis 4 ans à construire, c’est bien mon dilemme. J’essaye de préserver ce qui peut l’être entre mon fils et son papa , sans le mettre en danger et le laisse vivre des moments sans repères. C’est un exercice d’équilibriste très subtil et toujours instable.
      Quant à la Fiv, j’ai peur de regretter , mais tout autant de choisir cette voie que je sens au fond de moi contre nature. Merci pour ton soutien

  2. Si tu es si mal (ce qui me désole), peut être as tu envie tout au fond de toi de retenter au moins une fois. Pour ne rien regretter. Pour pouvoir sereinement faire le deuil si cet enfant ne vient pas. Pour se donner une petite chance en plus. Qu’en dis tu ? Peut être ne te sens tu pas la force de tout recommencer et ce serait bien compréhensible…
    Pour le père de ton fils, une décision de justice peut éventuellement le mettre face à son probleme (droit de visite conditionné à la présence d’un tiers tant qu’il boit, etc). Si tu veux un peu plus de détail, n’hésite pas à m’envoyer un email, je m’y connais un peu.
    Plein de bises de réconfort.

    • Merci pour le réconfort. Avoir la force de recommencer une fiv ? Je crois qu’on la trouve car on pourrait toutes soulever des montagnes pour avoir un enfant. C’est plutôt « est-ce le bon choix? » Et puis j’ai un homme fondamentalement anti médecin qui ne croît qu’en la Nature. Il bondit rien qu’à l’idée qu’on en refasse une tellement il trouve cela violent et a peur que ça nous sépare. Et il ne veut pas entendre parler d’adoption…

      • Je crois qu’il va donc falloir avoir une discussion avec lui, si tu veux faire cette FIV. Lui expliquer ton point de vue. La nature ne peut parfois pas tout, malheureusement… Courage ! On est avec toi, avec vous.

      • Mon homme aussi est anti-tout ça. Il a beaucoup de mal a me voire subir ces traitements, ces examens… Mais j’avais l’envie d’avoir un enfant (lui aussi hein) alors on a tenté. BB1 est arrivé avec 3IAC. Maintenant je voudrais bien BB2 mais j’ai déjà eu 4IAC et 1FIV qui s’est mal passée (transformée en IAC et évocation d’un don d’ovocyte par mon gygy car résultats hormonaux pas terrible). Alors j’ai dit : pour mon corps j’accepte 9 traitements pas plus (j’ai lu quelque par que dépasser 10 c’est pas très bon. Je sais 9,10 ou 11 y a t-il vraiment une différence ? je sais pas). Pour mon coeur et pour ma tête je sais que je ne peux pas finir avec cette FIV qui n’en n’a pas été une, alors j’ai dis on en fait une dernière et quoi qu’il arrive on arrête.
        Essaye de sonder au plus profond de toi ce que tu as envie et dis lui. Et décider ensemble de la suite. Bon courage.

        • Merci pour ton message. Je ne crois pas connaître ton blog (je ne vois pas de lien, peut être n’en as tu pas?)C’est toujours intéressant de partager ses expériences.Je crois que les choses s’éclaircissent un peu, et j’aurai bientôt l’avis de mon gynéco. J’espère réussir à prendre une décision ferme d’ici 1 mois. Quant à toi, tu as raison de mettre une limite car il n’y a que toi qui peux savoir jusqu’où tu peux aller et ce que tu peux endurer. Je te souhaite que cette dernière fiv soit couronnée de succès.

  3. Je suis désolée et j’ai envie de te dire tout comme la Chouette. Pour le père de ton enfant il serait bon de poser un diagnostic mais tant qu’il ne reconnaît pas ses difficultés…
    Pour la FIV, je pense effectivement qu’il est précieux de savoir s’arrêter. Mais puisque quoiqu’il arrive il ne reste qu’une tentative… Cela peut t’éviter un regret. Et peut-être t’apporter un merveilleux cadeau.

    • Officiellement il me reste 2 tentatives, mais de toute façon je n’ai plus le temps que d’en faire une. Je savais que le temps passant je recommencerai à me poser cette question. La faire ou pas…Mon intuition me dit depuis août que ce n’est pas comme ça que cela fonctionnera, mais ma peur vient s’en mêler… Et toi, comment se passe ta grossesse?

  4. Je suis triste de te savoir si mal. Avant tout, je pense qu’il faut te débarrasser de cette culpabilité. Non, tu n’es pas punie. On sait bien ici qu’avoir un enfant n’est pas une histoire de mérite. Et d’ailleurs, si c’était le cas, je suis sûre que tu l’aurais eu depuis longtemps ce deuxième enfant tant attendu.
    Pour la fiv, je rejoins les filles bien que n’ayant pas vraiment conscience de tout ce que ça implique.

    • Cette question du mérite, de la culpabilité. Quand je vais mal, je finis toujours par me dire que c’est de ma faute, que je suis trop vieille, que je n’avais qu’à pas refaire ma vie si tard, bref, faut bien trouver une raison pour supporter l’insupportable

      • Et je la comprends tout à fait cette culpabilité.. Moi je me dis que je n’ai pas assez pris soin de mon corps (trop de chouilles notamment) et que je suis punie pour ça. Mais les regrets, ça ne nous fait pas avancer..
        Dans ton cas, je pense pas que tu aies volontairement refait ta vie tôt ou tard.. on ne maîtrise pas tout. C’était lui, c’était à ce moment là. Point. Courage Mamzelle, tu n’es pas seule dans cette galère. J’espère fort que tu vas en sortir ❤

  5. Très triste ce post. De te savoir mal et de ne rien pouvoir faire pour t’aider…

    J’ai pensé en lisant ton article : il faut qu’elle tente tout ce qu’il y a à tenter.
    Il semblerait que les autres commentaires soient aussi dans ce sens.

    Je t’embrasse bien fort ❤

    • L’expérience m’a apprise qu’il faut savoir être patiente dans la vie et qu’à vouloir aller trop vite parfois on se plante. Dans mon cas, refaire une stimulation de fiv peut épuiser ma réserve ovocytaire et finalement peut être m’empêcher d’être enceinte spontanément plus tard. C’est bien pour cela que j’hésite tant.

  6. Je n’ai pas grand chose à rajouter par rapport à ce que te dit lachouette… et je rejoins un peu tout le monde …. va au bout de tout ça … ne regrette rien et qui sait ? peut être que cela te mènera au bonheur. Je suis très peinée de te voir si mal. J’aimerais te dire que l’avantage d’être au fond du gouffre c’est qu’on ne peut que remonter … c’est bateau comme image mais … c’est tellement vrai parfois. Je t’embrasse fort et t’envoie plein de courage

    • Il y a un trampoline au fond du gouffre. Je pense que ça repart et paf je redescends…Le vrai problème, c’est d’accepter l’échec possible. Mon homme se sent prêt pour ça, mais il n’a pas 30 ans et je redoute qu’un jour il regrette de ne pas avoir tout tenté comme tu dis. Aujourd’hui, il ne veut plus de pma, il n’y croit pas et n’y a jamais cru. Ce doit être une décision de couple et aujourd’hui je sais que je porterai ce choix seule.

  7. Je te l’avais déjà dit, mais je crois que tu devrais tenter le tout pour le tout. Il ne te reste qu’une tentative, c’est peut-être la bonne? Et si ce n’est hélas pas la bonne, au moins tu auras la certitude d’avoir essayé jusqu’au bout… J’ai peur que si tu en restes là tu regrettes à tout jamais de ne pas avoir su saisir la dernière chance qu’il te restait.

    • Et j’ai tout aussi peur de regretter d’avoir fait une 3eme fiv, qu’elle ait foiré et que ce soit peut être ça qui ait ruiné mes chances naturelles, en épuisant mon organisme, en allant contre nature. C’est une décision que je n’arrive pas à prendre aujourd’hui.

  8. Tu as perdu ta légèreté, parce que l’espace d’un temps, ça t’a fait du bien d’occulter le reste. Je crois que c’est un réflexe de survie. Je fais pareil parfois… Puis, ponctuellement, la réalité nous rattrape, violemment. Je crois que c’est essentiel d’accepter de fléchir parfois. Ca permet de mieux remonter à la surface…
    Après, toutes les questions que tu te poses, si tu ne vas pas au bout, il y a un risque pour qu’elles te hantent toute ta vie… Et c’est sans doute ça qui pourrait être le plus destructeur. Pour dire « stop », je crois qu’il faut vraiment que ça vienne du coeur et que la décision, commune, soit prise en considérant tous les tenants et aboutissants. Nous-mêmes, alors qu’on n’a pas la moindre envie de tenter une fiv 4, on a choisi d’aller au bout. Pour ne pas avoir de regret… Courage !!! Bises.
    PS: pour le père de ton fils, tu ne pourras malheureusement pas le changer… Il a besoin de soin semble-t-il et seule une injonction ou une réelle volonté de sa part pourra améliorer la situation…

    • Certainement j’ai mis ce désir en sourdine. En tout cas, j’avais réussi à faire taire ce pressant tic tac. Mais nous sommes déjà en novembre et nous devons prendre une décision et non pas laisser le temps filer. J’ai peur de regretter de ne pas avoir fait cette 3eme Fiv, mais je ne suis pas du tout convaincue que cela soit la meilleure voie.Peut être devrai je prendre un autre avis médical, mais le temps presse et les délais risquent de me rendre cette option impossible.

  9. Je suis désolée de te savoir si malheureuse et perdue. Comme les filles, je crains que tu ne puisses pas (et que cela ne te revienne pas d’ailleurs) aider le père de ton fils. Il faut que tu penses et prennes soin de toi. Et si ce mal d’enfant avec ton homme te fait si mal, que cette absence te fait si peur et que le temps défile trop vite, c’est sans doute qu’il faut tenter cette fiv, pour ne rien regretter. La décision vous appartient mais lorsqu’on te lit, cela paraît comme une évidence. Courage, bisous

    • Non justement ce n’est pas une évidence, parce qu’à mon âge, une fiv peut être aussi contre productive et épuiser mon organisme. Cela peut être notre chance effectivement comme cela peut faire tout l’opposé. Je voudrais pouvoir remonter le temps!

  10. Je cogite comme vous le savez. Dans notre cas, le principal souci c’est le spermo de mon homme dit ‘intermédiaire » (avec des résultats très variables au fil des mois). Moi pas de souci particulier, si ce n’est mon âge. Mais le bilan était plutôt positif puisqu’à chaque fois ils ont obtenu des embryons. Donc je me dis qu’effectivement ce serait un coup de pouce de la médecine de faire une fiv, car c’est sûrement la rencontre de nos gamètes qui ne se fait pas. Mais c’est le transfert qui me pose question car les 3 fois j’ai trouvé que mon corps était malmené. Aussi je me disais, est-ce possible de faire une ponction puis de vitrifier les embryons et de les transférer sur un cycle naturel ?? Mais je sais aussi que les résultats sont moins bons sur les TEC… Vous en pensez quoi?

    • Ce que je sais, c’est qu’après chaque FIV, je suis complètement déréglée pendant 1 ou plusieurs cycles… Donc oui, certains corps ne réagissent pas très bien !! Vitrifier les embryons, c’est une possbilité. Je me souviens que Dr Dino, lors de mon TEC sur cycle spontané d’avril, m’avait dit qu’à l’échelle nationale, ils avaient de bien meilleurs résultats et qu’il n’était pas impossible qu’ils finissent par ne plus transférer que des embryons vitrifiés sur cycle naturel !! Donc bon, parles en peut-être à ton doc.

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