Garder le cap

Je me fais discrète, mais je suis toujours là.

Je vous lis toujours, j’ai mal pour vous souvent et  je me réjouis quand les choses avancent.

Moi, j’essaye de garder le cap.garder le cap Ne pas fléchir, rester toujours positive, se garder des ondes négatives.

Pourtant, j’aurai eu largement de quoi depuis 10 jours.

Tout d’abord, les révélations fracassantes de l’ex-compagne du papa de mon fils (celle-là aura tenu 9 mois, un record en 6 ans et demi).  Les troubles psy de mon ex, son alcoolisme,  son irresponsabilité et l’absence quasi totale de repères éducatifs pour mon fils (comment on peut laisser 13h d’affilée un enfant de 8 ans sur une console ??? Oui, vous avez bien lu, 13 h !!! ) J’ai fait un plongeon violent dans mon passé. Les mêmes difficultés existaient déjà quand nous partagions nos vies, mais je pensais qu’il avait avancé. Non. Rien. Retour à la case départ. J’ai pris les choses en main: rdv avec un avocat, une éducatrice et j’ai recontacté le beau-frère de mon ex pour essayer de trouver une solution autre que juridique. Le tribunal je connais, j’ai donné et je ne veux pas briser le lien entre mon fils et son papa. Mais je me dois de protéger mon fils. Cruel dilemme…

Vous me direz que j’ai de la chance car au moins je suis maman. Certes. Mais croyez moi cette maternité là s’est faite dans la douleur, avec un papa qui n’en était pas un. Les événements récents me laissent un goût amer. Jusqu’à ce que mon fils soit adulte, je devrai gérer, composer avec les déboires de son papa (‘dé-boire’, c’est le cas de le dire…). C’est ma punition. Autant dire que ces derniers jours j’ai de nouveau rêvé d’un nouvelle maternité heureuse avec l’homme que j’aime. Vivre ça une fois dans ma vie.

Ensuite, la gifle professionnelle. Après un retour au boulot zen, j’apprends que, désormais, l’association pour laquelle je travaille et auprès de laquelle je suis mise à disposition, refuse purement et simplement de me payer la moindre heure supplémentaire. Alors que le travail social que je fais l’exige. On me demande tout naturellement de faire du …. bénévolat  pour assister aux réunions ! On me vire ni plus ni moins de l’équipe, belle reconnaissance de mon travail et de mon implication depuis 5 ans auprès d’un public difficile. No comment ….

Le rdv bilan avec le gynéco. Retour sur nos échecs. Les pourcentages bas, le risque de ne plus jamais avoir d’enfant. La proposition de faire une ultime FIV avant la fin de ma prise en charge.

La claque que je n’attendais pas : Un J1 qui est arrivé juste assez en retard pour nous laisser espérer. Et non, C15 est bien là et mon ventre est toujours vide, malgré ma zénitude totale du mois d’août et nos parties de jambes en l’air effrénées.

L’associé et ami de mon homme qui est devenu papa il y a 8 jours, 3 semaines plus tôt que prévu. Une jolie ptite fille comme nous rêvons d’en avoir, qui les comble de bonheur. J’ai passé 1h dans une boutique à chercher un cadeau ou plutôt devrai-je dire j’ai erré ! Car évidemment mon homme n’avait rien anticipé (ce n’est pas faute de le lui avoir dit). La visite la boule au ventre (après l’avocat…). Se réjouir pour eux, ne pas ciller quand elle l’allaite ou que le papa la prend dans ses bras. Ne pas focaliser que les crispations de mon homme qui a morflé aussi ce jour-là.

Les problèmes de santé de mon fils et les angoisses qui vont avec. 3 réactions allergiques en 1 semaine, dont 1 très sérieuse. Le retour de la peur, avec l’allergie alimentaire très sévère de mon loulou qui peut l’emporter un jour. Ses dents dans un état lamentable (2 abcès) et la dentiste qui ne rappelle pas pour proposer un rdv en urgence malgré mes 5 appels….

Mon intoxication alimentaire de cette nuit qui m’a privée de sommeil

Notre adorable petit lapin retrouvé mort ce matin. Il gambadait librement dans notre jardin et  nous nous étions attachés à cette petite boule de poil rigolote. Un chat l’a attaqué avant hier, visiblement il a dû avoir des blessures internes. Mon homme  lui avait construit une cabane à 2 étages, un vrai palace, et aménagé le jardin pour qu’il puisse y vivre librement. Il en était profondément affecté ce matin et pleurait à chaudes larmes (alors que c’est un dur, pas le genre à faire dans la sensiblerie) . Je réalise que ce lapin c’était un peu l’enfant qu’il n’a pas et n’aura peut être jamais.

……….

Mais malgré tout ça, j’ai décidé de garder le sourire et de voir le bon côté de la vie.

Mon ex est un décérébré irresponsable et alcoolique ? Oui mais il adore son fils, j’ai retrouvé un possible allié dans son beau-frère pour sécuriser le droit de visite et surtout je ne suis plus toute seule face à ce problème. Mon homme est là à mes côtés, solide comme un roc.

On ne me paye plus mes heures sup ? Soit.  Je finirai plus tôt et je serai moins stressée. Et voilà une bonne occasion pour me pencher sérieusement sur ma reconversion et me désinvestir d’un boulot où je n’ai pas de reconnaissance et où je ne m’épanouis plus.

Nos amis font des bébés facilement. Je me réjouis pour eux et savoure mille fois plus ma liberté. Et qui sait ? Je ne suis pas ménopausée et  le gynéco dit qu’une grossesse naturelle n’est pas impossible.

J1 est arrivé, mais j’ai une nouvelle cup bien plus adaptée qui me redonne de la liberté et puis j’avais bien trop abusé d’alcool en août pour faire un beau bébé. Je me serai inquiétée toute la grossesse.

La secrétaire du dentiste vient de rappeler et j’ai rdv cette après-midi pour mon loulou. Et comme je suis malade et donc pas au boulot, je peux l’emmener. Tout finit toujours par se solutionner.

Mon fils a fait une allergie grave, mais j’ai su percevoir l’urgence malgré l’heure tardive et le contexte ( apéro géant dans ma rue avec une trentaine de voisins)  et gérer avec efficacité pour éviter que cela ne tourne au drame. C’est radical pour retrouver ses esprits, même avec 3 rhums.

Mon intoxication alimentaire me permet d‘avoir le temps d’écrire cet article aujourd’hui et m’accorde une pause après 2 semaines mouvementées et fortes en émotion.

Notre lapin est mort alors qu’il égayait nos vies. Mais au réveil, à voir les larmes de mon homme, j’ai eu peur pour mon fils ou mes beaux-parents.

Et puis je continue à faire de belles rencontres, comme si les gens venaient à moi.

J’ai trouvé un cours de Qi gong de la femme tout à fait comme je l’espérais. Je sais au fond de moi que cela va m’aider à cultiver ma sérénité. Il faut faire les exercices en souriant, pour se sourire à soi-même et s’accorder de la bienveillance. Quelle belle idée !

Une nouvelle collègue qui me parle de rigologie, Je me suis souvenue qu’avant je rigolais pour un rien. Je voudrais retrouver cette légèreté là.

Un voisin de passage dans ma rue s’intéressant à ma voiture en vente que je finis par faire entrer chez moi avec sa femme et, au décours de la conversation, qui me dit être magnétiseur et avoir aidé des femmes infertiles.

Une femme adorable rencontrée en achetant un meuble par leboncoin, avec qui je me suis sentie tout de suite à l’aise comme si on se connaissait depuis toujours.

Je reste persuadée aujourd’hui qu’on provoque aussi son destin.

J’ai toujours mal de ce manque d’enfant, mais je n’ai pas cessé d’espérer.

Je me réjouis un peu plus chaque jour d’être en vie, d’avoir un enfant et un homme aimant et solide à mes côtés.

Garder le cap c’est ma devise. Je vais travailler à être positive tous les jours, quoiqu’il se passe, jusqu’à ce que cela devienne un réflexe naturel.

touaregPrenez soin de vous.

 

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23 réflexions sur “Garder le cap

  1. C’est beau, c’est bien, c’est bon… Récemment, j’avais moi aussi écrit un article pour garder le cap. Mais je crois que c’est aussi important de s’accorder le droit de craquer, sans quoi, le risque est de craquer encore plus fort après, quand la coupe sera pleine… Prends soin de toi. Bises.

    • Je m’accorde le droit de flancher, mais la différence c’est que je ne m’appesantis plus sur les mauvaises choses. Je pleure un bon coup et puis je concentre mon énergie sur autre chose de positif. Je croise les doigts pour toi, pour que cette fiv réussisse.Biz

  2. C’est une belle leçon que cet article…J’admire ta capacité à tenir le cap, à rester droite, forte…mais comme Julys parfois il faut aussi s’accorder le droit d’être un peu moins forte, et se laisser porter…
    Je croise les doigts pour que les choses se solutionnent…

    • Merci pour le compliment , mais si j’écris tout ça ces derniers temps alors que je suis sortie de la PMA (au moins pour quelques mois, voire définitivement), c’est pour vous montrer que nous avons toutes cette capacité. Je ne suis pas wonder woman, juste une femme ordinaire. Ce bonheur-là est à votre portée aussi. J’essaye juste de partager mon expérience et de vous guider sur la voie de la sérénité. (ça fait un peu gourou là !). Quand les autres disent qu’on peut vivre ça bien, on ne peut pas entendre car ils ne savent pas ce qu’on traverse. Moi j’ai vécu les douleurs, les échecs, une complication et le désespoir. Alors je me dis que je peux peut être vous convaincre.

    • Mon homme dit toujours « il n’y pas de problème, il n’y a que des solutions ». Ce que ça pouvait m’agacer d’ailleurs avant quand il me disait ça alors que j’étais en plein chagrin !
      La vie est tellement plus facile et plus belle quand on porte son attention sur les bonnes choses, au lieu de ruminer les mauvaises. Mais c’est une discipline à laquelle il faut s’astreindre tout le temps.Je te souhaite d’y parvenir aussi, quoiqu’il arrive.

  3. En effet ça fait beaucoup de choses… Mais être heureux c’est faire ce que tu fais : voir le verre a moitié plein. Ça n’est pas toujours possible et encore moins facile mais tu essaies c’est l’essentiel. Le cap est tenu, et c’est génial!!!!!!
    J’espère que la suite t’apportera de bonnes nouvelles…. Plein de bisous jolie fleur

    • la vie m’apporte déjà de belles choses depuis que j’ai pris ce cap. Et je sais que ça va continuer. Je n’aurai peut être jamais d’autre enfant, mais je sais aujourd’hui comment cultiver le bonheur (et pourtant là je suis au fond de mon lit, terrassée de fatigue par ma probable intoxication alimentaire). Mais toi je n’ai rien à t’apprendre, tu as déjà trouvé la voie. Puisse ta route rencontrer celle d’un enfant à aimer.Avec toute ma sincérité.

      • Je n’ai rien a ajouter. Bravo pour cette sagesse qui impose le respect. Et détrompe toi, je pense que j’ai bcp a apprendre encore… Et la c’est une belle leçon de vie que tu m’offres. Tu as le cap, y’aura de grosses vagues et des creux, mais la destination, au bout, elle sera lumineuse.

  4. Je suis contente d’avoir de tes nouvelles ! Je sens toujours cette force et fragilité en toi et je suis contente que tu gardes le cap. Je ne suis pas inquiète quand tu ne donnes pas signe de vie parce que je sais que tu sais trouver en toi les ressources pour avancer.
    Bises Mdame !

    • Réapprendre à rire pour rien, comme quand on était enfant, je trouve que c’est un chouette(t’as vu le clin d’oeil !) programme. Reprend espoir jolie chouette; la vie est facétieuse mais peut aussi réserver de belles surprises. Plein de biz !

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